Esprit Val de Loire - XNoir

Veni, vedi, Festivini !

Avec la toute 1ère édition de Festivini, le traditionnel Marché du vin de Saumur prend de l’ampleur en allongeant le temps des festivités à dix jours. Ça commence aujourd'hui, avec le départ de « Vignes, vins & randos » à Varrains, à 15 h. Le marché, qui démarre à 16 h, durera désormais deux jours et accueillera plus de 60 vignerons. Dimanche, il s’achèvera par un concert « Saumur brut » de Thomas Dutronc, moment fort co-organisé par Ackerman. Mais complet, malheureusement ! Car en concert, le fils de son père vaut vraiment le détour.
Le dîner-découverte des vignerons – « 12 plats, 12 vins » – se déroulera à l’abbaye royale de Fontevraud vendredi prochain. Le festival s’achèvera le 12 septembre avec une balade de vieilles voitures dans le vignoble et les fameuses Foulées du saumur-champigny, où sont inscrits cette année plus de 2 500 concurrents. L’occasion de faire un saut au caveau d’Ackerman pour faire le plein de crémant bio : pour 12 bouteilles achetées, on vous offre six flûtes Prestige.

Swingin’ London

A l’aéroport de Tours (que dis-je, l'aérodrome), il y a une boutique de souvenirs formidable qui s’appelle Air Shop 37. La première chose qui saute aux yeux, outre la carte officielle des vins de Loire, c’est l’affichette : « Deux bouteilles de vin autorisées en cabine avec une carte d’embarquement ». Il y a un bon choix de cartes postales kitchissimes de rillons, de rillettes, et des tee-shirts estampillés place Plumereau, avec la cathédrale Saint-Gatien, juste à côté. Une classe folle. C’est bien la première fois que je prends l’avion à Tours, direction Londres. Une éternité que je n’avais pas pris l’avion, d’ailleurs, maintenant que j’essaie de limiter mon impact carbone ! Dans la salle d’embarquement, ça sentait les pieds. Probablement un effet secondaire de l’été. Nous voici donc au pays des scones et du thé noir fumant, où les vignes sont aussi présentes que les mangroves en Bretagne. Il y en a bien un peu dans le Kent, certes, mais pour avoir déjà goûté du vin anglais, je préfère de loin me convertir à la bière le temps d’un week-end. Après tout, on a les bulles qu’on mérite. Et puis je n’avais qu’à m’approvisionner chez Air Shop 37, après tout. En tout cas, à l’heure qu’il est, j’essaie de digérer mon coleslaw, la piémontaise locale. Pas très Dukan tout ça.

Dérive littéraire

Il y a quelques moments dans une vie dont on sait qu'ils sont uniques. Ils le sont tous, vous allez me dire, mais on se comprend. Hier soir, j'ai donc sauté sans hésiter dans le TER, direction Amboise, où m'attendait un guide courtois du château royal, également administrateur de l'association Millière Raboton. Nous avions rendez-vous pour une balade intimiste en toue avec Jean Ley, batelier dont je vous ai déjà parlé, Françoise Benassis, écrivain à qui l'on doit Le Goût de la Loire et quelques hôtes privilégiés comme moi.
Mon filet mignon fumé et ma bouteille de malvoisie sous le bras, j'ai donc embarqué sur ma toue bien aimée pour plus de trois heures de balade au fil de l'eau, durant lesquelles Françoise Benassis a lu sur la Loire : Balzac, Henry James… Les créatures de l'air semblaient jalouses de nous voir béats sur l'eau. Après le balbuzard, qui a survolé le bateau dès le départ, les chevaliers guignettes, le martin-pêcheur, les vanneaux, les sternes… Tous se sont donné le mot pour attirer nos regards vers le haut. Un moment donné, dans le cadre de mon Lumix, j'avais une montgolfière dans un angle, un petit avion dans l'autre. Derrière, un planeur. Une vraie débauche d'aéronefs !
Notre dérive nous a conduits jusqu'à Veuves, ravisssant village de 240 habitants, planqué derrière la levée. C'est le dernier bourg du Loir-et-Cher avant l'Indre-et-Loire. Craignant les gardes frontaliers (nous naviguions alors de nuit, à la loupiote), je suis descendue là, flanquée de mes deux accompagnateurs, qui m'ont déposée à la gare d'Onzain. On aurait dit des contrebandiers, dépourvus de victuailles toutefois. L'esquif, lui, a remonté le cours du fleuve, direction Chaumont, son port d'attache. Je me suis retrouvée seule sur le quai à 23 heures passées. Le Corail d'Austerlitz est arrivé et a failli m'oublier. Impossible d'ouvrir les portes. Le contrôleur a sifflé. Mon sang n'a fait qu'un tour. Je me suis refait une scène du film d'Hitchcock vu la veille aux Studios. J'ai couru comme une dératée. Je me suis fait un claquage à la cuisse droite. Mais j'ai eu mon train.

A gauche, sous l'escalier

Deux événements majeurs, ce matin : on m'a livré mon armoire à vin, un V101 acajou (ben quoi, les mecs friment bien avec leur mobylette), avec 6 clayettes de 12 places qui me permettent d'accéder facilement à mes chères bouteilles, ainsi qu'une zone de stockage en bas, au cas où j'arriverais un jour à ne pas tout boire dans l'année.
Comme pour fêter ça, le volubilis qui s'enroule à qui mieux mieux sur la balustrade de mon perron a sorti une belle fleur violette. Un hommage à X Noir ? Hier, déjà, en arrivant à Saint-Pierre-des-Corps dans mon Corail Tours-Nantes rempli de vélos en goguette, une grande affiche Ackerman sur la "nouvelle pétillance" a surgi dans le paysage, comme pour me dire : "Finies, les vacances, poulette. Retourne au bureau, espèce de bonobo !"
Dont acte. Je me suis remise au boulot, constatant amèrement que mon stock de X Noir est épuisé et que j'arrive à court de crémant bio. Ah… le mois d'août, c'est la dèche. De toute façon, je suis obligée d'attendre 48 h avant de brancher ma cave à vin, à gauche, sous l'escalier. Cherchez pas, elle ferme à clé.

Photo : Je fête l'arrivée de mon armoire à vin entre amis, ce soir, autour d'un barbecue dans le jardin, avec force bouteilles de rosé. Un barbecue Weber bien pratique, ma foi (monté par Alexia), qui tient un peu du feu d'artifices, n'est-ce pas Hélène ? Mes maniques s'en souviennent…

"Vous avez de la chance d'être jeune"

C'est écrit en vitrine d'un banque, à Nantes : "Vous avez de la chance d'être jeune". Il y a un gros écureuil en peluche posé au sol, qui attend qu'on le libère dans le parc le plus proche, en rêvant de noisettes. Juste devant, un étal improbable comme on en trouve ailleurs dans la ville, avec des sardines du soir. Moi qui suis du soir, je me suis tout de suite sentie proche de ces sardines. Entre filles de la mer, on se comprend. Nantes est décidément une ville maritime. L'océan, ici, n'est jamais bien loin. En plein centre, on indique la direction de Noirmoutier. Au Bouffay, les crêperies abondent.
J'ai même fait du bateau électrique sur l'Erdre, en partant du centre ville. Très vite, on se retrouve dans la mangrove, loin des turpitudes de la ville surchauffée. La veille, nous avons dîné à la guinguette de Trentemoult, où l'on accède en Navibus. Bien sûr, on a bu du muscadet sur lie. Et là, je file au Lieu Unique, voir l'expo de Pierrick Sorin, l'enfant du pays. Promis, je vous raconterai.