Un peu de bouteille ! - XNoir

Spéléoenologie

Je suis très chagrinée par le sort des 33 mineurs bloqués sous terre, par 700 mètres de profondeur. Amis claustrophobes, passez votre chemin. Il fait quelque 35 °C dans leur refuge de fortune avec une hygrométrie qui ne conviendrait qu'à une bonne cave, et encore. A ce jour, le boyau qui les relie à la surface fait 8 cm. Pas même de quoi passer une bouteille de pétillant pour leur remonter le moral. Hier encore, ils ignoraient que ce calvaire allait durer trois mois avant qu'on les extirpe de cet enfer souterrain. Pour qu'ils tiennent le coup, on leur fait passer des jeux, de la musique, des médicaments. Et des vivres, évidemment. Contrairement aux six hurluberlus de Mars 500 qui ont choisi de tester le confinement, les pauvres bougres n'ont rien demandé à personne !
Et pour finir sur le thème de l'enfermement, je ne sais pas ce qui se passe chez nos amis anglais, mais après les écureuils dans l'assiette, voilà qu'une femme jette sans scrupules un chat dans une poubelle. Ça va pas bien, non ! C'est la caméra de surveillance du propriétaire du matou en question qui l'a filmée en plein forfait. Et ça risque de lui coûter cher. Quant au chat, après 15 heures passées à miauler dans son conteneur, il a plutôt bonne mine… lui.

Photo : Si vous voulez passer du temps à 130 m sous terre en Anjou, il y a La Mine bleue, à Noyant. Une ancienne mine d'ardoise où l'on découvre le travail des mineurs… en toute sécurité. Comme en témoigne cette photo, prise par mon ami Jérôme Galland, je vais bien, j'en suis sortie, ne vous en faites pas.

Ça sent l'écureuil !

Ils peuvent toujours se moquer des "Froggies" mangeurs de cuisses de grenouilles, les Rosbifs. Lu dans Le Monde aujourd'hui : "un supermarché du nord de Londres offre de la viande d'écureuil dans ses rayons, vantant les mérites d'un produit de consommation "durable"". Ça fait cinq mois que ça dure, cette affaire, et ça défraye la chronique, évidemment. "Pour produire une tonne de bœuf, il faut 15 tonnes de céréales. Ce n'est pas durable. Les écureuils se nourrissent de ce qu'ils trouvent dans la nature et ils sont trop nombreux", a expliqué le gérant à l'AFP. Comble de l'horreur, cette viande (qui a peut-être goût de noisette, qui sait ?), aurait été réclamée par des clients. A raison de dix à douze bestioles vendues par semaine, le stock serait en cours de renouvellement, via des bouchers qui ne manquent pas de panache.
La viande d'écureuil, raconte le quotidien, figurait jadis dans les assiettes anglaises. Prisée de nouveau depuis quelques années, elle est apparue dans certaines boucheries et même au menu de quelques restaurants. A votre avis, on sert quoi avec ça ? Du saumur-champigny, un rosé de Loire ou du X Roux ?

Le meilleur de moi-même

Je sors de l'exposition d'Elliott Erwitt, qui dure encore quelques jours à la Maison européenne de la photographie, dans le Marais, à Paris. Elle s'intitule "Personal best", ce qu'il traduit par "Le meilleur de moi-même", c'est-à-dire sa sélection favorite. Ça m'a bien plu. Comme chez Martin Parr, j'aime son sens aigu de l'observation, le regard espiègle qu'il porte sur ses sujets. Je pensais ne pas connaître ses images. En fait, nombre d'entre elles sont connues, voire galvaudées. Il a un côté Doisneau, avec certaines photos saisies sur le vif, dans la rue. Il a aussi photographié des célébrités : Che Guevara, Nixon, Jackie Kennedy (sa fameuse larme)… Les Parisiens étaient tous de sortie et la queue ne s'est jamais résorbée, sur le trottoir de Saint-Paul.

Photos : Non seulement on a perdu une heure, cette nuit, mais j'ai pris un an de plus. Il y a des jours, j'vous jure… Les plus perspicaces tenteront de deviner mon nouvel âge au vu des bougies qui ornent le gâteau au chocolat d'Amélie. Ça m'aura au moins permis de goûter le crémant bio, élaboré selon la méthode traditionnelle classique : 30 mois sur lattes, à peu près mon âge, sauf que je dors sur un matelas en latex. Nous avons pu admirer des bulles fines et persistantes (les verres de mon frère étaient donc sales, si j'en crois mon professeur d'oenologie !). Au nez, des arômes de fleurs blanches et une belle fraîcheur. En bouche, un bon équilibre. Il aurait été parfait sur ce dessert, mais nous, on l'a fait péter à l'apéro !

Amende honorable

J'ai bu un vin illégal, hier, avec Nathalie. J'avais beau être dans l'Auxerrois, le vignoble bourguignon n'a rien à se reprocher. Avant de sauter dans le TER, j'avais fait une étape à Paris, déjeuné dans l'un des excellents restos basques de Christian Etchebest, où mon ami Jérôme, photographe globe-trotteur tout juste débarqué de Java, m'a remis une bouteille achetée précédemment à Venise, sous le manteau. C'est du beau. Je connaissais le Fragoli, que j'ajoute volontiers à un crémant-de-loire, mais pas le fragolino.
Ce vin blanc à l'arôme puissant de fraise provient de Vitis americana, un hybride américain introduit en Europe bien avant l'épidémie de philloxera. Si j'ai bien compris, seuls les cépages issus de Vitis vinifera peuvent être commercialisée dans l'Union européenne. La consommation du fragolino est donc en principe réservée à la consommation familiale des viticulteurs. Merci, Jérôme, d'avoir contribué à faire connaître cette trouvaille jusque chez les Bourguignons !

Photo : Les vignes endormies du Bourgueillois, alors que le printemps revient.

La journée de la jupe

C'est la Journée de la femme et ça me saoule. C'est comme la Saint-Valentin. Le jour où elle n'existera plus, on aura franchi un pas. Enfin… c'est mon avis. On a vraiment l'impression d'être une sous-espèce de l'homme. Le monde du vin, qui est plutôt macho, peut se targuer de leur avoir fait une place. Mais on y retrouve la même propension à se distinguer. C'est symptomatique d'un complexe d'infériorité. Il y a des associations de femmes vigneronnes, on parle de vins de femmes… Je ne sais pas bien ce qu'est un vin de femme. Ça tombe bien, demain je vais rencontrer une viticultrice dans le Chinonais. Je vous raconterai ! Olivier de Serres, père de l’agronomie, aurait dit que derrière chaque exploitation se cache une femme. Dans certains cas, disons que derrière la femme se cache l'exploitation. Il suffit de lire le dernier roman de Florence Aubenas, Le quai de Ouistreham, pour s'en convaincre. S'il en était besoin.

Photo : Les femmes, tout juste bonnes à faire de la confiture ? Dieu merci non ! Les femmes font aussi du vin. Entre autres.