Escapades - XNoir

Basic needs

Rien trouvé chez Fortnum & Mason, mais bonne pioche chez Marks & Spencer. J'ai cherché… et je l'ai débusquée, LA bouteille de chez Ackerman. Un vouvray mis en bouteille à Chacé, oui, madame, dans le plus gros Marks & Spencer de Londres. Dingue !
Cette quête du Graal réalisée, nous avons pu entièrement nous consacrer à l'exploration du East End, un quartier trendy où foisonnent les boutiques vintage, bobos, les marchés de fripes et les hangars envahis par les étals de créateurs branchés. Sur la très animée Brick Lane, nous avons mangé coréen dans une ancienne brasserie en brique - Truman Food Hall brewery -, remplie d'échoppes alimentaires cosmopolites : japonaises, marocaines, indiennes, jamaïcaines, thaï… Un vrai délice pour pas cher. Il faut juste trouver une table pour poser sa barquette. Dans la rue, les Anglais dansent le swing pendant que d'autres font du rock avec des instruments improbables. Aussi improbables que la juxtaposition de ces trois livres, chez un bouquiniste de Hyde Park Lane.

Panique chez les crustacés

"Un mois pour prendre du poids". C'est le titre d'un post de mon collègue Frédéric Nouet, fils de vigneron du muscadet. Pour ma part, je suis comme les grains de raisin qu'il aime à voir s'arrondir. Dieu merci, ma "rafle" ne disparaît pas encore sous la graisse estivale que j'accumule, telle une marmotte à l'approche de l'automne, avec force chocolats liégeois et crèmes de chez Beillevaire. Que voulez-vous ? Où que j'aille, à Nantes, à Tours, à La Bernerie…, il y a une boutique Beillevaire. Voilà que les affiches d'Ackerman me poursuivent elle aussi jusqu'à Pornichet, où j'ai passé un week-end idyllique, sous un soleil indécent.
Hier matin, Hervé m'a embarquée sur sa BMW, direction le marché du Pouliguen, qu'un étier sépare de La Baule. L'histoire ne dit pas si les langoustines, les boucauts et les tourteaux auront apprécié ce funeste tour en moto, via la superbe côte sauvage. En tout cas, moi, j'ai beaucoup aimé : et les tourteaux et le tour à moto.

"Faire une virée à deux"

Vous vous souvenez de cette chanson estivale, légère comme un papillon ? "Faire une virée à deux…". C'était au sud de l'Italie il me semble, la virée du duo en question. Eh bien hier, la virée avec Faustine, c'était au sud du Morbihan. Une expédition à vélo rigolote, avec passage de la rivière de Penerf en bateau, sous un soleil écrasant que l'air marin, heureusement, atténuait. Puis les zigzags sur le chemin littoral, ensablé de temps en temps. Un petit rafraîchissement dans un bar vite oublié. Juste avant la pointe de Penvins. D'un côté, l'océan, houleux. De l'autre, une lagune abritée où chorégraphiaient deux kite-surfs que nous avons longuement observés. Une certaine plénitude, assises, serrées sur un rocher, comme si la place manquait, à partager nos états d'âme du moment. Abandonnés sur la plage, les états d'âme, près d'un parasol multicolore sous lequel somnolait une grand-mère, ignorant probablement qu'elle affichait quasiment les couleurs de la Gay pride !
Chevauchant de nouveau nos montures, nous sommes reparties cheveux au vent, épaules bronzées, et avons retraversé la ria avec le passeur. De l'autre côté, j'ai dévoré six huîtres n° 4 tout droit sorties du vivier de l'ostréiculteur. Embarqué 4 kilos de moules superbes et charnues dans le panier avant de la bicyclette. Et préparé les mollusques avec amour dans la cuisine d'été. Regrettant amèrement l'absence de saumur blanc !

Indiscrétions

Vous avez du bol : il pleut ! Sinon, pas sûre que vous auriez eu droit à un billet. En même temps, après trois jours de randonnée, j'ai deux trois bricoles à vous raconter. Déjà, je suis dans le département le plus ensoleillé de France, et il pleut. Pas glop, mais c'est très bien quand même. J'ai pu quand même marcher deux jours en sympathisant avec quelques UV. Aujourd'hui, j'avais le museau bien crémé. Donc il a plu.
Passons sur les considérations météorologiques pour nous concentrer sur l'ornithologique. Puisque c'est d'ornithologie plus que d'oenologie qu'il s'agit ces temps-ci. Eh bien nous avons observé une quarantaine d'espèces d'oiseaux en 2 jours et demi. Et pas des moindres : des parades de tétras lyre assez burlesques, à l'aube (et autant vous dire que l'aube, ici, c'est tôt), des joutes de chamois sur la neige (il en reste pas mal, pour la saison, de la neige), des roulés-boulés de marmottes assez spectaculaires… et, cerise sur le crapaud, une chouette de Tengmalm, espèce rare, qui niche au fin fond d'un mélézin (la forêt de mélèzes, pour ceux qui n'auraient pas le décodeur). Deux gros yeux jaunes, parfois au clignotant, gravés à vie dans ma mémoire de calamar. Je vous épargne tous les petits passereaux, tout aussi sympathiques, car j'ai bien conscience que ça vous intéresse moins que l'ampélographie ou la fermentation malolactique. Cela dit, ce soir, au gîte du Flourou (où l'on mange fort bien), on a dégusté la bouteille que j'avais emportée dans ma valise à roulettes. A quand une manifestation Vignes, vins & ornitho ?

Photo : Surprise avant-hier, la chouette de Tengmalm en train d'observer des ornithologues à l'oeil nu. Merci à Yves pour sa photo et éternelle reconnaissance aux Lumix.

Ceux qui s’aiment boiront dans le train

C’est la Fête des voisins, ce soir. L’occasion de déboucher une bouteille d’X Noir ! Hier, au supermarché, je les ai aperçues les fameuses bouteilles en promotion double détente ! J’ai bien vu le petit cône qui les coiffe : « jusqu’ à 3 € remboursés pour l’achat de 4 bouteilles », souffle-t-il aux consommateurs qui, je vous le rappelle, sont aussi invités à réaliser une vidéo avec la bouteille d’X Noir dans un contexte qui évoque « l’art de vivre et l’élégance ». Le Festival de Cannes est fini, mais ça serait bien de prendre le relais, cinéastes en herbe.
Moi qui passe ma journée dans le train, direction le Cantal, j’en ai des pas tristes, de voisins : des retraités rougeauds qui passent leur temps à dévorer toutes sortes de spécialités… en buvant des coups. Je crois bien que c’est la première fois que j’entends des bruits de bouchon dans un wagon ! Comme le retraité est grégaire, ils circulent même d’une voiture à l’autre avec un plateau dans une main, la bouteille de rouge dans l’autre. Pittoresque, le Paris-Brive-La-Gaillarde !

Photo : Voilà à peu près le profil des joyeux lurons qui partagent mon wagon, direction la ripaille.