Bonnes feuilles - XNoir

L'avis de châteaux

Vous avez sûrement entendu parler de Guy des Cars ? Dans ma mémoire, c'est un auteur prolifique dont ma grand-tante possédait tous les romans aux titres laconiques : La Brute, L'Envoûteuse, La Maudite… Ses détracteurs le surnommèrent malicieusement Guy des Gares, en référence a ses romans de gare un peu faciles… C'est aussi le père de Jean des Cars, qui vient de signer un ouvrage paru il y a trois jours : La véritable histoire des châteaux de la Loire (Plon, 25 €).
Pour cet essai, l'historien a sélectionné les dix sites les plus visités : Chenonceau, Chambord, Amboise, Villandry, Cheverny, Azay-le-Rideau, Le Clos-Lucé, Blois, Angers et Chinon.
"Rien ne laissait supposer que le Val de Loire puisse devenir la terre d'élection des rois de France", rappelle-t-il. Il est vrai que depuis des siècles, les monarques posaient leurs valises en Ile-de-France. Si j'ai bien compris, il a fallu que Charles VI soit chassé du Louvre pour échouer en Touraine. A l'époque, on vantait déjà les attraits de "la partie la plus grasse de la France", appréciée pour ses pâturages, ses fruits, ses vins… "Pendant cent ans, c'est sur les bords de la Loire et de ses sept affluents que s'élèvent des merveilles. Une autre “vallée des Rois”… Laquelle vallée des Rois reste très plebiscitée : l'an passé, les châteaux de la Loire ont enregistré une hausse de 5 % de leur fréquentation.

Photo : Le château de Chenonceau (quand on met un x à la fin, c'est pour parler de la commune de Chenonceaux), avec ses arches célèbres qui enjambent le Cher, est le monument historique le plus visité de France après le château de Versailles.

Des quiz, des bulles et des "cahuètes"

Ce midi, au bureau, avec Pierre-O, on a goûté pour la deuxième fois une bière de Touraine, la Loirette, qu'on se procure chez un excellent petit traiteur de Blanqui, assez branché bio. On grignotait au bureau, rien à voir avec un apéro, qui, pour reprendre une expression de Paul Morand, est "la prière du soir du Français". D'ailleurs, on a parlé boulot. Mais dans l'hypothèse où on aurait pris l'apéro au bureau, ce qui s'est déjà produit lors de l'inauguration de nos locaux (avec du X Noir, d'ailleurs), et qu'on aurait été à court d'idées (ce qui, il faut bien le dire, n'arrive jamais, pipelettes que nous sommes), eh bien nous aurions pu avoir recours à un petit guide édité récemment chez Fleurus (4,95 €). Ça s'appelle (prenez votre souffle) ''70 jeux et des cacahuètes… pour élever le niveau à l'apéro'' Et c'est plutôt rigolo quand on n'a rien à se dire. Il faudrait que je le teste en terrasse du Vieux Mûrier, au hasard des rencontres, des fois qu'elles me réserveraient de bonnes surprises.
En gros, ce sont des jeux, des devinettes et quelques petits tours parfois un brin grivois. Parmi eux, il y en a un qui s'appelle : Je suis bi. Hum, hum… Qu'est-ce que ça signifie ? Rien de compliqué : une orange, par exemple, est un agrume et une marque de téléphonie. Pour prendre un exemple plus local, par exemple, qu'est-ce qui est à la fois un jeune équidé et une marque de chocolat ? Dans un autre genre, qu'est-ce qui peut être à la fois dans votre bouche… et sous vos fesses ? Il vous suffit de retourner votre ordinateur pour lire la bonne réponse. Allez, je vous épargne ça : vous donnez votre langue au chat ? Ben, un canapé, pardi !!! Bref, des jeux à picorer sans modération et sans risque d'attraper la migraine. En parlant de migraine, il y en a un autre dans la collection qui s'appelle : 69 jeux et des brouettes japonaises… pour stimuler son cerveau aussi. Tout un programme.

Photo : Bon, dans les devinettes, j'ai relevé une erreur : la barre chocolatée qui a un rôle important dans la jungle, et que je suppose être un lion. Vous avez déjà vu un lion dans la jungle, vous ? C'est plutôt dans la savane, ou éventuellement au zoo, mais pas dans la jungle, ça non. Et si vous voulez savoir ce que le lion a pu manger pour se lécher ainsi les babines, je vous suggère de prendre contact avec celui qui a pris le risque de le photographier à 25 cm : notre héros tourangeau, Gilles Martin, toujours entier.

Swimming in the rain

Après "stressing in the train", c'est "swimming in the rain", aujourd'hui. Je rentre trempée du marché. On ne dirait pas que j'habite à deux pas… Dans le genre, reine des bons plans, je pars dans une heure à la mer avec des amis. On dit toujours pour se consoler : "La mer, ça a du charme sous la pluie, c'est pas comme la montagne !". Mouais… Moi je dis, pour se consoler, il y a le muscadet et les fruits de mer, surtout, les piscines Thalasso et les crêpes beurre sucre. Attendri par une telle perspective, mon marchand de fruits, qui avait regardé consciencieusement la météo, m'a offert une clémentine. Pas bon signe. Alors j'ai fait une razzia à la maison de la presse. J'ai acheté le premier numéro de Terra Eco, qui se veut le magazine du développement durable (fabriqué à Nantes) et qui m'a l'air pas mal ; le numéro événement de Géo, qui fête ses 30 ans (une valeur sûre) ; Terre Sauvage, qui consacre un dossier à La Rabelaisie (comprenez le Chinonais). C'est écrit par Maurice Soutif, une valeur sûre aussi, mais les dessins sont moyen. Il y a aussi un beau dossier de balades en Vendée. Bref, que des lieux où on peut boire du vin de Loire ! Plus exotique, le numéro d'Ulysse sur le Japon en train. J'ai bien fait de repousser mon voyage : l'archipel nippon en train, ça m'intéresse au plus haut point. En attendant, cap vers l'estuaire de la Loire.
Photo : Nature morte entre Bretagne et Loire-Atlantique, qui bientôt ne pourraient faire qu'un. Après les guerres picrocholines, une guerre civile en préparation ! On me pardonnera un oubli de taille : le muscadet sur lie. Un saumur blanc ou un chenin font aussi très bien l'affaire avec les fruits de mer.

Le sport à l'état de regret

Ce soir, j'ai passé un moment délicieux avec Christian Oster. Bon d'accord, je n'étais pas seule avec lui (vous y avez cru, hein ?). On était une dizaine autour de lui, à L'Escale, le salon de thé de La Boîte à livres, LA librairie de Tours (la Fnac peut aller se rhabiller). C'est pour moi un moment privilégié de rencontrer un auteur que j'aime "en vrai". Pas seulement pour la dédicace qui fait que plus jamais je ne pourrai me séparer de son livre. Mais surtout pour la grâce du moment, de l'échange, quand échange il y a. Et échange il y a eu. Ce que je n'avais pas perçu lors de la rencontre avec Olivier Rolin, pour Un chasseur de lions. J'avais moins accroché avec le bonhomme. On était plus nombreux, à sa décharge. Et puis un auteur ne parle pas forcément bien de son oeuvre. De même qu'il ne lit pas forcément bien son texte à voix haute. Oster, lui, s'est prêté à l'exercice avec brio, sans rechigner, à la fin de la rencontre. Pure magie. Sa voix résonnera dans mon cortex quand je reprendrai les premières pages de Trois hommes seuls à mon tour. Ce qui va m'obliger à laisser de côté la Gourmandise de Muriel Barbery, dont mon amie Marie-Christine m'a recommandé la lecture : l'histoire d'un pape de la gastronomie qui cherche à retrouver une saveur dans les tréfonds de sa mémoire gustative, 48 heures avant sa mort ! Elle décrocha pour cet ouvrage (son premier roman) le prix du meilleur livre de Littérature gourmande, en 2000. On la connaît aussi pour L'élégance du hérisson. Il y a de très belles photos (signées Stéphane Barbery, son mari visiblement) sur son blog endormi (en pleine hibernation, peut-être ? comme on le comprend…), notamment du Japon. C'est décidé. Je vais bientôt aller faire un tour dans ce pays intrigant. Il y a aussi de belles images de Nouvelle-Zélande, un bout du monde où j'ai passé cinq semaines il y a dix ans, et qui me fait toujours de l'oeil. J'aime les îles et les confins, les Finis Terrae. Et pour revenir à Christian Oster, qui a écrit Volley-ball il y a vingt ans, il a dit un truc amusant (même plusieurs, d'ailleurs, il est drôle, le bougre) : "Le sport existe chez moi à l'état de regret". Je vois bien ce qu'il veut dire, surtout à cette saison, où je me contenterais bien de faire du Jokari dans une serre tropicale. Allez, Faustine, quand est-ce qu'on retourne à la piscine ?