juillet 2010 - XNoir

A Talensac

J'ai repris mes quartiers nantais, où le temps, contre toute attente, reste au beau fixe. J'apprivoise les rues de la ville, bien que je la côtoie depuis toute petite, je repère les meilleures échoppes du marché de Talensac, mon Guide vert Michelin en bandoulière. Côté fruits de mer, je suis servie. Des huîtres et des crevettes d'un peu partout, qui appellent toutes un bon muscadet, comme celui qu'on a bu hier, au moment des retrouvailles…
Cette après-midi, j'ai "crébillonné", ce qui, dans la méthode Assimil du nantais en 10 leçons, signifie flâner rue Crébillon, la plus chic de la ville. Je suis passée à la vitrine de la Loire-Atlantique, Ohlala !, qui propose tout un tas de choses à découvrir dans le département… et sur place, notamment autour de la gastronomie. Jeudi prochain, dans cette boutique qui vend aussi des produits du terroir, une "Palette découverte gustative et ludique" sera offerte. Le 11 août, ce sera un "Rallye gourmand", le 19, une "Balade gustative estivale", le 25, "Un chef en cuisine" et le 28, "Le vignoble nantais à vélo". Tout un programme donc, à noter dans vos tablettes si vous passez par là. Samedi prochain, à la Maison des vins de Loire, il y aura aussi une animation gratuite autour des muscadets millésimés. A propos, n'oubliez pas de réserver votre balade pour ''Vignes, vins & randos'', les 4 et 5 septembre prochains. Et plus près de nous, le week-end prochain, ce sera La Grande Tablée du saumur-champigny, à Saumur, place de la République, à 19h30. Dressée au coeur de la ville,la table pourra accueillir 10 000 convives, avec musique et dégustation de produits du terroir !

Ça sent l'écureuil !

Ils peuvent toujours se moquer des "Froggies" mangeurs de cuisses de grenouilles, les Rosbifs. Lu dans Le Monde aujourd'hui : "un supermarché du nord de Londres offre de la viande d'écureuil dans ses rayons, vantant les mérites d'un produit de consommation "durable"". Ça fait cinq mois que ça dure, cette affaire, et ça défraye la chronique, évidemment. "Pour produire une tonne de bœuf, il faut 15 tonnes de céréales. Ce n'est pas durable. Les écureuils se nourrissent de ce qu'ils trouvent dans la nature et ils sont trop nombreux", a expliqué le gérant à l'AFP. Comble de l'horreur, cette viande (qui a peut-être goût de noisette, qui sait ?), aurait été réclamée par des clients. A raison de dix à douze bestioles vendues par semaine, le stock serait en cours de renouvellement, via des bouchers qui ne manquent pas de panache.
La viande d'écureuil, raconte le quotidien, figurait jadis dans les assiettes anglaises. Prisée de nouveau depuis quelques années, elle est apparue dans certaines boucheries et même au menu de quelques restaurants. A votre avis, on sert quoi avec ça ? Du saumur-champigny, un rosé de Loire ou du X Roux ?

La patelle de Proust

Avant que la marée ne remonte, cette après-midi, nous sommes allés pêcher des huîtres sauvages, à Pénerf. On marche dessus, il n'y a qu'à se baisser pour les ramasser. On les taille un peu au marteau (un ustensile spécifique), pour ne pas que le panier métallique soit trop lourd à rapporter, on les brosse dans l'eau de mer et il n'y a plus qu'à les ouvrir avec un bon blanc.
En baguenaudant dans les flaques, nous sommes tombés sur des patelles (des berniques quoi), ces chapeaux chinois scotchés aux rochers, fort difficiles à désolidariser du substrat. En randonnant à Madère, il y a trois ans, j'avais renoué avec ce merveilleux souvenir d'enfance : les berniques grillées. Gamine, j'en pêchais en famille. Ni une ni deux, j'ai appelé ma mère, les deux pieds (droits) dans mes bottes (pleines d'eau), pour lui demander la recette : "Enlève les deux cornes, les intestins viendront". Forte de cette formule un peu gore, j'ai préparé notre pêche miraculeuse avec abnégation, en vue de la soirée fruits de mer programmée avec mes amis. Ça m'a pris un temps fou. Un beurre d'ail sur les mollusques décapités, posés dans la lèchefrite, sur un lit de sable, et nous nous sommes régalés, contre toute attente. Ça n'était pas tout à fait ma madeleine de Proust, mais pas loin. Mon père, je crois, serait fier… ou tout le moins amusé.
Les huîtres sauvages étaient excellentes. Les tourteaux et les araignées - achetés au vivier - d'une fraîcheur impeccable. En dessert, on a mangé des Carambars. François adore ça. A chacun sa madeleine.

"Faire une virée à deux"

Vous vous souvenez de cette chanson estivale, légère comme un papillon ? "Faire une virée à deux…". C'était au sud de l'Italie il me semble, la virée du duo en question. Eh bien hier, la virée avec Faustine, c'était au sud du Morbihan. Une expédition à vélo rigolote, avec passage de la rivière de Penerf en bateau, sous un soleil écrasant que l'air marin, heureusement, atténuait. Puis les zigzags sur le chemin littoral, ensablé de temps en temps. Un petit rafraîchissement dans un bar vite oublié. Juste avant la pointe de Penvins. D'un côté, l'océan, houleux. De l'autre, une lagune abritée où chorégraphiaient deux kite-surfs que nous avons longuement observés. Une certaine plénitude, assises, serrées sur un rocher, comme si la place manquait, à partager nos états d'âme du moment. Abandonnés sur la plage, les états d'âme, près d'un parasol multicolore sous lequel somnolait une grand-mère, ignorant probablement qu'elle affichait quasiment les couleurs de la Gay pride !
Chevauchant de nouveau nos montures, nous sommes reparties cheveux au vent, épaules bronzées, et avons retraversé la ria avec le passeur. De l'autre côté, j'ai dévoré six huîtres n° 4 tout droit sorties du vivier de l'ostréiculteur. Embarqué 4 kilos de moules superbes et charnues dans le panier avant de la bicyclette. Et préparé les mollusques avec amour dans la cuisine d'été. Regrettant amèrement l'absence de saumur blanc !

Du pain, du vin, du Sorin

Je me suis régalée à la rétrospective de Pierrick Sorin, au Lieu unique. J’ai ri à pierre fendre (n’importe quoi). On n’entendait que moi paraît-il. Les autres souriaient. Moi, je gloussais bêtement. Pourtant, je n’avais pas encore attaqué le petit verre de blanc du soir d’été, cher à ma moitié. Sorin, disais-je. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce spécimen local, il s’agit d’un cinquantenaire vidéaste qui réalise des courts métrages et des dispositifs visuels très moqueurs. Il excelle dans l’autodérision, le mode burlesque, se rit de l’existence humaine et de la création artistique. Fervent pratiquant de l’autofilmage, il est souvent l’unique acteur des histoires qu’il invente, mais se déguise et se duplique volontiers. Enfant de Méliès, il est connu pour ses petits « théâtres optiques », mélanges d’ingénieux bricolages et de technologies nouvelles, qui le font surgir comme par magie dans l’espace, sous forme de minuscule hologramme, parmi de vrais objets. Un régal, à consommer sans modération jusqu’au 26 août. Après quoi je suis allée acheter quelques bouteilles à La Maison des vins de Loire en prévision de ma semaine de vacances dans le Morbihan (deux muscadets, dont un cru communal, et un coteaux-d’ancenis cépage malvoisie). Au fait, pas sûre de vous l’avoir dit, mais il y en a désormais une à Tours, de Maison des vins (au 25, rue du Grand-Marché). Même principe qu’à Nantes, Saumur et Angers : vous pouvez goûter la sélection de vins ligériens et les acheter au prix producteur. Autre option, vous arrêter à Saint-Hilaire-Saint-Florent pour l’expo « LuX, la face cachée de la bulle », présentée dans le fraîches caves d’Ackerman… et faire provision de X Noir pour les soirées d’été.

Photo : Je vivrais bien d’amour et de bulles fraîches. C’est quasi le cas, à l’exception de quelques crêpes et coupes glacées. Si c’est vrai.

"Vous avez de la chance d'être jeune"

C'est écrit en vitrine d'un banque, à Nantes : "Vous avez de la chance d'être jeune". Il y a un gros écureuil en peluche posé au sol, qui attend qu'on le libère dans le parc le plus proche, en rêvant de noisettes. Juste devant, un étal improbable comme on en trouve ailleurs dans la ville, avec des sardines du soir. Moi qui suis du soir, je me suis tout de suite sentie proche de ces sardines. Entre filles de la mer, on se comprend. Nantes est décidément une ville maritime. L'océan, ici, n'est jamais bien loin. En plein centre, on indique la direction de Noirmoutier. Au Bouffay, les crêperies abondent.
J'ai même fait du bateau électrique sur l'Erdre, en partant du centre ville. Très vite, on se retrouve dans la mangrove, loin des turpitudes de la ville surchauffée. La veille, nous avons dîné à la guinguette de Trentemoult, où l'on accède en Navibus. Bien sûr, on a bu du muscadet sur lie. Et là, je file au Lieu Unique, voir l'expo de Pierrick Sorin, l'enfant du pays. Promis, je vous raconterai.

Vent frais sur Margot

Il soufflait un vent frais ce midi, à la guinguette. La faute au festival Rayons frais ? Avec Marie, on a quand même pris le large. A bord d'une toue prénommée Margot (un signe). Après trois virées avec l'association Millière Raboton, c'était la première fois que je naviguais sur la Loire, à Tours. Le fleuve y est un peu moins sauvage que du côté de Chaumont, bien sûr, mais on a tout de même vu des mulets bondir le long d'un banc de sable, des sternes (évidemment), une hirondelle de rivage, ainsi qu'un amoncellement de branches, œuvre d’un castor.
J'ai bien hésité à soudoyer le batelier, pour qu'il me conduise jusqu'à Nantes, où m'attend quelqu'un. Mais il m'aurait fallu au moins deux jours, avec ce fort vent d'ouest. Alors, la mer dans l'âme, je suis revenue à l'embarcadère du Pont de pierre. Noyer mon chagrin dans un verre.

Photo : Depuis l’embarcadère situé en contrebas de la guinguette, plusieurs possibilités de naviguer le week-end. Un bateau-bus entre Tours et Saint-Cyr-sur-Loire (2 €, 20 minutes). Des liaisons fréquentes avec l’île Simon (1 € l’aller et 2 € l’aller-retour). Des promenades de 50 minutes (toutes les demi-heures de 14 h à 18 h 30. 7 € / adulte. 3 € / -10 ans).

Promenades photographiques

Avec Marie, nous avons fait une virée dans le Vendômois, patrie du pineau d'Aunis. A Boursay, d'abord, où mon ami Dominique Mansion lui a fait découvrir ses trognes et la Maison botanique, puis à Vendôme, où nous avons découvert tous les trois une partie des expositions (il y en a 21) des Promenades photographiques.
Habituellement sans thématique, la programmation de cette année est très portée sur l'état de notre planète (celles de l'agence Reuters notamment ou celles, très fortes de Hans Silvester, que j'ai eu la chance de rencontrer il y a longtemps déjà. Le temps fort reste les images oniriques d'Alexey Titarenko : de l'art à l'état pur, qui vous scotche sur place. J'ai beaucoup aimé aussi les photos de Sophie Zénon, panoramiques au noir profond saisies au Cambodge avec un appareil qui ne souffre aucun réglage (dingue !). Etonnantes également les images de Lucie et Simon, scènes banales ou quotidiennes "vues du ciel".
Franchement, ça vaut le déplacement. Sans compter que Vendôme est une petite ville charmante et que la vue depuis le château est tout bonnement imprenable !

Photo : Les étonnants macaques d'Hiroshi Watanabe. Au Japon, le Sarumawashi (littéralement « danse des singes ») présente des singes de théâtre. Une association, Suo Sarumawashi, s’est fondée pour défendre cet art ancestral menacé par l’urbanisation constante du Japon.

Jil, Pete et Izia

Ma moitié et moi, on s'apprête à filer à Terres du son, le fameux festival musical, dans le cadre fabuleux du château de Candé. Comme je suis sa moitié aussi, on n'a besoin que d'un ticket. C'est bien pratique. Vous vous souvenez de mes photos de l'an passé ? Thomas Fersen, Abd Al Malik, Emilie Loizeau, tout ça… Ce soir, au programme des têtes d'affiche, c'est Jil is lucky, Pete Doherty et Izia (la fille d'Higelin, les deux doigts dans la prise !). Pour peu qu'il y ait de l'orage, ça va être électrique : cage de Faraday pour tout le monde !
En attendant, avec cette chaleur accablante, je boirais bien un verre de blanc frais tiens. Figurez-vous qu'à la conférence de presse du Concours mondial du sauvignon 2010, j'ai appris que l'Ackerman sauvignon Blanc 2009 avait eu une médaille d'argent. Ça se fête, non ?

LuX, la face cachée de la bulle

J'ai le soleil qui me chauffe le dos. Marie est dans mon transat, Fred dans le canapé. Le rosé est au frais et le sac isotherme s'impatiente. Le melon fait le dos rond et mon chat a les pattes en l'air. On est tous mûrs pour le pique-nique. Les bulles ingurgitées pendant la garden party de Pierre-O et de Marie, hier soir, n'ont en rien entamé mon cortex. Mais le soleil, un peu… Si vous êtes comme nous, c'est-à-dire si vous avez trop chaud, vous pouvez aller vous rafraîchir dans les caves d'Ackerman, où une exposition décalée et onirique dans le monde des bulles a été installée. Inspirée par X Noir bien sûr. "LuX, la face cachée de la bulle", c'est une promenade surréaliste dans l’effervescence. Deux regards croisés entre deux mondes issus des mêmes sources, l’argile et la vigne plongeant tous deux leurs racines au cœur du minéral. Dans un univers sonore baigné d’une féerie cristalline, un duo d’artistes déploie tout son savoir faire en matière de céramique avec la douceur raffinée et précieuse de la porcelaine pour mode d’expression... Entre les bulles lumineuses en porcelaine translucide d’Anne-Sophie Boué, comme suspendues dans les airs, et les panneaux de porcelaine estampée, comme transpirés par les parois de calcaire des troglodytes et les sphères marquées d’empruntes lunaires et soumises à l’alchimie de l’émail de Benoît Pouplard. C'est à Saint-Hilaire-Saint-Florent, tous les jours, de 10 h à 18 h, jusqu'au 13 octobre. Tarif (visite des caves) : 1,50 €. Tél. : 02 41 53 03 21. Une petite pause sur la route des vacances ?