avril 2010 - XNoir

Le chat de Viviane Hamy

Pas de X Noir, hier soir, à La Boîte à livres, mais un pilier du roman noir : Viviane Hamy, l'éditrice de la grande Fred Vargas. Nous étions deux pelés et un tondu à aller à sa rencontre, alors qu'elle célèbre les vingt ans de sa petite maison d'édition, aux choix exigeants. Pendant près de deux heures, Viviane Hamy nous a parlé en toute simplicité de son métier compliqué. "Pas un métier, un choix de vie", dit-elle. Je vois bien ce qu'elle entend par là. Elle nous a raconté comment naît un livre, la magie d'un succès, les rapports avec ses auteurs, qu'elle sait fidéliser. Il y a un chat vu du dessus, en logo, sur les couvertures de ses ouvrages. Elle l'a d'ailleurs évoqué, son chat (ah, les chats et le monde du livre !), Réglisse, qui lui a servi un jour à apaiser les angoisses de Magda Szabó, un monument de la littérature hongroise qu'un journaliste avait contrariée (ah, les journalistes…). Comme quoi les chats ne servent pas tout à fait à rien.

Photo : L'univers de Vargas est assez loin du monde ligérien. Dans Coule la seine, recueil de nouvelles, une intrigue policière est résolue grâce à un détail ornithologique. Il n'y a que Vargas pour imaginer des choses pareilles.

Imaginez la Touraine !

Vous avez 5 minutes ? Concoctez votre week-end idéal dans le Jardin de la France… C’est ce que propose depuis hier le concours Imaginez la Touraine. Pas compliqué, on choisit parmi quatre catégories d’activités : Sous la couette (on ne se laisse pas abattre, au pays de Rabelais…), A table (forcément, ça creuse), Côté cour côté jardin ou Au grand air. Pour faire sa sélection, des vidéos présentent des hébergements, des restaurants, des activités de loisir et des visites. En quelques clics, on valide sa sélection et l’on démultiplie ses chances de gagner en invitant des amis à participer. Si vous êtes sélectionné, le week-end que vous avez imaginé est à vous ! Les participants seront également tirés au sort pour gagner deux invitations et faire partie des 600 happy fews à assister au concert privé d’Arthur H à la forteresse Royale de Chinon, le 25 septembre prochain, date du week-end en question. Laquelle forteresse rouvre le 17 juillet. Ce jeu-concours est en ligne jusqu’au 30 juin. A vos marques !

Photo : Les jardins du Rivau, près de Chinon, propices à l'épanouissement de l'imaginaire. © 2008 - Stevens Frémont- CDT Touraine

Au Banquet de la gare

Avant-hier, alors que je participais à une émission de cuisine sur France Bleu Touraine, l’animateur évoquait la qualité de la table dans certains buffets de gare, comme Le Train bleu, en gare de Lyon, ou le Buffet de la gare, à Tours, où l’on mange en effet très bien. Comme quoi on a beaucoup d’idées reçues. On croit, par exemple, que la cuisine était grasse au Moyen Age et que les manières étaient grossières (cf. Les Visiteurs !). Elle était en réalité soulignée de sauces aigres-douces légères, et l’on se rinçait les doigts avant les repas. Je vous en ai déjà touché un mot à propos du vin. Cette fois, l’expo « A table au Moyen Âge » est ouverte au château de Langeais. On y découvre les secrets de préparation des aliments autour de pièces de vaisselle provenant de différents musées. Le truculent Maître Cocquempot, sorti des cuisines comme un diable de sa boîte, nous enseigne le déroulement des services, les trois saveurs appréciées : la forte (épices), la douce (fruits sec, miel, sucre), et l’acide, qui dominait l’ensemble des recettes (vinaigre, verjus – jus de raisin vert –, oseille, jus de citron). On se mettait à table deux fois par jour : lors du « dîner » (notre actuel déjeuner), entre 10 et 11 heures, et lors du « souper », entre 16 et 19 heures. Les travailleurs avaient droit à un « déjeuner » en plus (notre actuel petit-déjeuner). Le repas de base était composé de deux services, les potages (ce qui cuisait dans le pot) et les rôts (ce qui était rôti). Sur la table du seigneur, on ajoutait un service supplémentaire, la desserte. Une question me taraude : aurait-on apprécié une coupe d’X Noir à cette époque ? En tout cas, la prochaine fois que j’irai au buffet de la gare, je mangerai avec les trois premiers doigts de la main droite ! Et si vous êtes sage, je vous donnerai avant l’été une recette médiévale à accompagner d’un vin de chez Ackerman

Photo : La vaste salle de réception du logis du château de Langeais s’est transformée en prestigieux banquet. Trois tables sont dressées : nappes et longières, faites des plus belles pièces de lin, sont mises en place. Jusqu’à sept services étaient proposés !

Je suis l'asperge

Hier soir, j'ai mangé mes premières asperges. Vous avez entendu cette pub idiote, à la radio ? "Je suis l'asperge…" Genre, goûtez-moi vite, je ne fais que passer… Je ne sais pas si c'est la pub qui les a boostées, mais je les trouve en avance, cette année. Elles sont encore un peu chères, mais ça devient abordable, alors je me suis un fait un petit plaisir à la crème fraîche. En me disant que ça irait fort bien avec un coteaux-de-saumur Secrets des Vignes 2006, pour sûr. Mais bon, on ne peut pas tout avoir…
J'ai aussi cueilli avec émotion le premier bouquet de mon jardin : lilas et oranger du Mexique, mélangés au feuillage du joli bouquet qu'Hélène m'a offert la semaine dernière, et dont les renoncules piquaient sérieusement du nez. Ça a de l'allure sur ma cheminée. Et cette odeur ! Comme un bon blanc floral !
Les martinets sifflent au-dessus de mon toit, les sternes grésillent de nouveau au-dessus de la Loire. Tout est en ordre et il fait soleil. Manque juste le parasol X Noir sur ma terrasse plein sud, pour me protéger des rayons à l'heure du déjeuner. Abus de bien social, vous croyez ?

Photos : Le lilas en fleurs de mon jardin, assorti au muselet des bouteilles d'X Noir. La classe !

Un degré

Il va faire un degré au Mans demain. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Laurent Romejko. Cette annonce m'a scotchée devant la carte météo. Pourquoi Dieu du ciel va-t-il faire 1° C au Mans et pas ailleurs ? D'habitude, avec tout le respect que j'ai pour le Cantal, c'est toujours à Aurillac qu'il fait le plus froid. Mais demain, non, c'est au Mans. La faute au nuage volcanique ? Qui sait ? Il stagne peut-être pile au-dessus de la Cité Plantagenêt. J'espère que ça va se réchauffer d'ici quinze jours. Les 8 et 9 mai, c'est le 6e Salon des vins de jasnières & coteaux-du-loir, place des Jacobins (en contrebas de l'imposante cathédrale). Ce sera l'occasion de saluer l'initiative de l'association "Entre Cours et Jardins", qui a eu l'idée de planter 200 pieds de pineau d’Aunis sur un petit coteau du Vieux Mans, au pied de la tour Vineuse. Le pineau d'Aunis, ça vous dit quelque chose ? Le cépage du… X Noir. Qui l'eût cru ? Le Vieux-Mans aura son cru.

Photo : La collégiale Saint-Pierre-la-Cour, rue des Fossés-Saint-Pierre, où sera plantée la vigne de pineau d'Aunis, près de l'escalier des Bouchers.

Nuage noir

Je me demande si les éléments ne seraient pas en train de se venger de l'espèce humaine pour la clouer au sol. Vous savez, ces forces obscures qui se liguent contre vous, sans qu'on sache vraiment pourquoi. Entre les TGV et les TER qui circulent au petit bonheur la chance, p't-être ben qu'oui, p't-être ben qu'non, les avions, non contents de s'écraser de temps en temps pour se débarrasser des présidents encombrants, s'effarouchent devant un petit nuage de poussière volcanique. Après le X Noir, le nuage noir. Une éruption banale pour les volcanologues, sur cette terre ardente qu'est l'Islande, et c'est la panique dans tous les aéroports du nord de l'Europe. Tout ça en plein départ en vacances. C'est la guigne. Une chance que Jean-Louis Etienne ait eu le temps d'atterrir en Sibérie sans finir au goulag. C'était moins une. Ils auraient eu l'air malins, chez Generali, avec un ballon blanc couvert de cendres. Pensez-donc, on n'aurait plus vu le sponsor ! Sacré Jean-Louis : en voilà un qui a bien compris qu'il fallait renoncer aux transports en commun. Moi, je cogite. Une toue cabanée sponsorisée Ackerman et je file à Nantes depuis Saumur. Je rejoins le canal de Nantes à Brest (fastoche), j'amarre ma toue à Molène et je saute dans le Belem en passagère clandestine. Chiche.

Photo : Et si j'y allais en vélo, plutôt, à Nantes ? Et si je mettais le vélo dans le TER ? Ah ben oui mais non, le vélo roule, mais le TER, pas forcément.

Art'By Cabernet-d'anjou

Encore du rose ! De retour de Paris, en bonne messagère du printemps, j’ai le plaisir de vous informer que le cabernet-d'anjou sera célébré jeudi soir, à la Bastille. La prise de la papille, en quelque sorte. Forte du succès de l’opération artistique Rose Gallery, l’an passé, la première appellation de rosé demi-sec en France va se mettre en scène dans dix troquets branchés de la capitale (Le Bar des Ferrailleurs, L’Art Café, Le Café Divan, L’Iguana Café…), où dix artistes feront appel au public pour réaliser une œuvre dédiée à ce rosé tendre et friand. Parmi eux, des plasticiens, des peintres, des dessinateurs de presse, un portraitiste… Qu'on se le dise, l'apéro sera servi dès 19 h 30, mais la star de l'Anjou fait aussi très bien l'affaire en dessert. Le millésime 2009 a l'air exceptionnel, avec un équilibre parfait, dit-on, entre la rondeur, la vivacité et le fruit (fraise et pamplemousse). La plupart des cabernets-d'anjou ont été vinifiés en pressée plutôt qu'en saignée, pour souligner ces arômes fruités et conserver l'élégance de leur structure. Personnellement, j'en ai deux dans ma cave qui attendent leur heure. A propos, savez-vous quel est le cépage majoritaire de cette appellation aguicheuse ?

L’habit en rose

Je ne sais pas si c’est parce que je suis en vacances (pas pour longtemps, malheureusement) mais, à défaut de voir la vie en rose, j’ai vu un Christ rose bonbon, hier, dans le vignoble nantais. Selon le vigneron qui m’accompagnait ; ça fait environ trois mois que la statue a revêtu son costume de gay pride (la date approche, il faut dire). On le voit de loin, remarquez. Depuis quelque temps, on savait que le pape n’était pas tout rose. Mais là… Moi, j’ai une hypothèse. Ce Christ-là, perdu dans les vignes du muscadet-sèvres-et-maine, a un peu forcé sur le X Noir. La gourmandise étant un vilain péché, il a été sanctionné par Ma sorcière bien aimé, qui passait faire le plein de muscadet nouveau. Un vrai calvaire !

TGV comme Très Grands Vins

C'est la première fois que je blogue depuis ma terrasse, en plein cagnard, avec un plaisir non dissimulé. Je viens de tailler mon rosier Ronsard et de planter quelques giroflées le long du mur de tuffeau. Apollo prend son bain de soleil sur la pelouse et, à défaut de passer dans mon jardin, les cloches sonnent. Pour un peu, j'attraperais un coup de soleil, comme Richard Cocciante !
Cette semaine, après un beau lancement à Tours, à L'Atelier d'Akrame, j'ai fait une virée à Nantes, à la Maison des vins de Loire : on y fêtait la parution de Parcours divins en Val de Loire, un supplément diffusé à 200 000 exemplaires dans TGV magazine, durant tout le mois d'avril. Si vous ne voyagez jamais en première, comme moi, vous pouvez toujours le récupérer dans le wagon bar. Mais non, pas obligé de consommer, voyons ! Dans cette jolie brochure, vous trouverez cinq idées de Vitibreaks dans le vignoble ligérien, du Pays nantais à la vallée du Loir, en passant par le Loir-et-Cher, la Touraine, le Pays du Layon… Personnellement, demain je file en Pays nantais me reposer un peu le neurone.

Photo : La couv' du supplément de TGV magazine réalisé sous la houlette d'Interloire. Dans une interview d'Arditi, on y apprend notamment qu'il a goûté son premier vin à… 39 ans ! C'était un saumur-champigny.