octobre 2009 - XNoir

La colombe de la paix

J'ai eu deux visites improbables en 24 heures. Une, hier soir, à l'issue pour le moins inattendue… Une autre ce matin, au contenu saugrenu. Une femme sonne à l'interphone et veut me rendre visite. Moi, en pyjama, peu amène… Je lui demande pourquoi, forcément, pensant que ce sont les ambassadrices du tri, que j'ai déjà reçues mardi pour causer emballages, bref, réviser les bons gestes du recyclage pendant les vacances.
Là, rien à voir avec les boîtes de conserve et les cadavres de bouteilles de X Noir. La dame voulait savoir si je pensais que le monde pouvait vivre dans la paix, sans guerre. Un peu surprise, au bout de mon fil tout emberlificoté, je lui rétorque que c'est une question un poil philosophique pour un matin. Pas osé lui dire qu'un bilan planétaire en pyjama, ça ne ferait pas sérieux, quelle que soit la pertinence de mon avis sur cette question grave.
La paix sur la planète, donc. Comment voulez-vous y croire, quand on est en guerre (froide) avec son ex, en bisbille avec une amie, en procès avec une ancienne voisine et en litige avec un employeur ?
Merci, au revoir, que je lui ai répondu, à la dame de l'interphone, avant de savourer mon tête à tête avec… mon bol de café au lait. Sur ce, je pars au Festival international du film ornithologique, à Ménigoute, une bourgade des Deux-Sèvres devenue la Mecque des naturalistes. On y fête les 25 ans du festival et je connais plein de monde, là-bas. Pour faire plaisir à la dame, je vais essayer d'y organiser une réunion au sommet avec toutes les colombes de la paix.

L'avis de châteaux

Vous avez sûrement entendu parler de Guy des Cars ? Dans ma mémoire, c'est un auteur prolifique dont ma grand-tante possédait tous les romans aux titres laconiques : La Brute, L'Envoûteuse, La Maudite… Ses détracteurs le surnommèrent malicieusement Guy des Gares, en référence a ses romans de gare un peu faciles… C'est aussi le père de Jean des Cars, qui vient de signer un ouvrage paru il y a trois jours : La véritable histoire des châteaux de la Loire (Plon, 25 €).
Pour cet essai, l'historien a sélectionné les dix sites les plus visités : Chenonceau, Chambord, Amboise, Villandry, Cheverny, Azay-le-Rideau, Le Clos-Lucé, Blois, Angers et Chinon.
"Rien ne laissait supposer que le Val de Loire puisse devenir la terre d'élection des rois de France", rappelle-t-il. Il est vrai que depuis des siècles, les monarques posaient leurs valises en Ile-de-France. Si j'ai bien compris, il a fallu que Charles VI soit chassé du Louvre pour échouer en Touraine. A l'époque, on vantait déjà les attraits de "la partie la plus grasse de la France", appréciée pour ses pâturages, ses fruits, ses vins… "Pendant cent ans, c'est sur les bords de la Loire et de ses sept affluents que s'élèvent des merveilles. Une autre “vallée des Rois”… Laquelle vallée des Rois reste très plebiscitée : l'an passé, les châteaux de la Loire ont enregistré une hausse de 5 % de leur fréquentation.

Photo : Le château de Chenonceau (quand on met un x à la fin, c'est pour parler de la commune de Chenonceaux), avec ses arches célèbres qui enjambent le Cher, est le monument historique le plus visité de France après le château de Versailles.

La France au carré

Au marché, ce matin, il y avait de nouveau de la cornette sur les étals. Devant moi, une dame avec des yeux de poisson globuleux, limite inquiétante. J'ai acheté des jolis choux farcis pour mon "dîner Vargas" avec Sophie, et des champignons de Paris à ma vendeuse aux yeux de chat, que j'ai surprise une fois, il y a longtemps déjà, en train de lire Télérama.
Après mon déj' avec Julie (des pâtes bio de Toscane aux légumes du marché), je suis allée à une présentation au Club de la presse Val de Loire, qui recevait le directeur de Courrier International (il signe l'édito), Philippe Thureau-Dangin, également président du directoire de Télérama, justement. Cet hebdo atypique, l'air de rien, existe depuis quasiment vingt ans et marche très bien. Pour ceux qui ne connaissent pas, il reprend des articles de moins de trois mois issus de la presse internationale. Sur 48 pages en moyenne, seulement deux sont consacrées à la France.
Régulièrement, le titre sort un hors-série, comme celui que j'ai acheté dernièrement, "La vie meilleure, mode d'emploi", que je vous recommande. Cette semaine, Courrier International propose ce qu'on appelle, dans notre jargon de journaleux, une "une régionalisée", c'est-à-dire un numéro spécifique aux quatre départements du Val de Loire, qui comprend un cahier central sur le Val de Loire vu par la presse étrangère. Au menu, un papier sur "Tours, presque méditerranéenne", issu de Der Spiegel, un autre sur "Angers, Blois et Orléans : incomparables", issu de The Independant ; un papier du New York Times sur l'expérience d'une Américaine dans un hôpital (chinonais ?) ; le portrait d'un couple d'artistes anglais installés à Valanjou (entre Mauges et Layon), paru dans le Daily Telegraph ; un sujet sur Villandry (décidément sous les feux de la rampe, avec un sujet dans le 20 heures de TF1, avant-hier, grâce au jardinage bio) et un portrait d'une écuyère du Cadre Noir de Saumur (récemment partenaire d'X Noir), Laurence Sautet. Le tout très bien illustré par un Russe qui vit à Bruxelles. Rien ne vaut le cosmopolitisme, quand d'autres vantent l'identité nationale !
Quant au Val de Loire, qui a décidément la cote à l'étranger, il continue à véhiculer "une image emblématique de la civilisation française", dixit Philippe Thureau-Dangin. Autrement dit, un certain cliché, qu'il appelle encore "la France au carré".

Sur la corde raide

On en était où, déjà ? Ah oui, à samedi soir… la boîte de nuit (“ j'y vais ou j'y vais pas ?”). A votre avis ? Ben oui, je n'y suis pas allée, évidemment. J'ai bouquiné sous ma couette avec un chat amoureux et ronronnant. Bref, le plan idéal pour faire des rencontres ! Mon dos ne s'en porte pas mieux pour autant, à cause des cartons que j'ai commencé à remplir hier. Je constate qu'il y a beaucoup de bouteilles, tout de même. Pourtant, je n'ai pas fait les foires au vin, cet automne, sachant que j'allais déménager. Mais bon, un carton de saint-pourçain par-ci, un carton de saumur-champigny par-là… ça va vite.
Vous avez remarqué comme le temps était doux, hier ? Les arbres dorés, tout le long du fleuve, c'est très beau. J'étais invitée à une choucroute party, hier midi (arrosée d'un gewurtz vendanges tardives à se damner). Pour l'apéro, j'avais apporté du X Noir à des convives grands amateurs de Royal Rouge.
Pour bien commencer la semaine, revenons à des considérations moins prosaïques. Mon ami Olivier m'a fait passer un document scotchant, ce matin, sur un fildefériste, Philippe Petit. Alors que je babillais dans ma poussette, en 1974, il s'est rendu célèbre en marchant sur un câble de 60 mètres tendu illégalement entre les Twin Towers, à New York. Un truc de dingue, qui fait l'objet d'un documentaire de James Marsh (sortie le 4 décembre en DVD et diffusé sur Canal+ le 23 décembre).
“Une traversée sur un fil est une métaphore de la vie, dit-il. Il y a un début, une fin, une progression, et si l'on fait un pas à côté, on meurt. Le funambule relie les choses vouées à être éloignées, c'est sa dimension mystiquePour moi, ca paraît tellement simple que la vie doit être vécue sur le fil. D'entretenir sa rébellion, de refuser de se conformer aux règles, de refuser son propre succès, de refuser de se répéter, de voir chaque jour, chaque année, chaque idée comme un réel défi. Ainsi, nous vivrons notre vie sur la corde raide.” Je partage cette conception de la vie, à ceci près que j'ai peur du vide.

Photo : En 1989, Philippe Petit (le mal nommé) a marché sur un fil tendu entre le Trocadéro et le deuxième étage de la Tour Eiffel.

Mari(e) à tout prix

La moiteur quasi-tropicale qui règne aujourd'hui à Tours n'a pas empêché les badauds du samedi de faire quelques emplettes. J'étais de ceux-là. Partie pour m'acheter une écharpe, déstabilisée par un subit réchauffement climatique, surprise par la bruine, je suis revenue avec une paire de Pataugas en cuir destinée à remplacer mes Veja, qui ont déteint sous l'unique grosse averse new-yorkaise. De la cochonnerie, ces Veja : commerce équitable, latex naturel, tout ça tout ça. Tout à fait pour, mais uniquement si ça dure. On ne peut pas se vanter de vendre des chaussures écolo si elles ne tiennent qu'un an. Alors je me suis dit, marre de voir des Converse sur tous les panards (pourtant, à New York, ça ne coûte rien), pourquoi pas des Pataugas ? Cette marque française va avoir 60 ans et doit son nom à sa semelle en caoutchouc fondue sur un réchaud à gaz : "pâte au gaz". Marrant non ? Surtout que gamine, je randonnais déjà avec des Pataugas. Bref, la cible marketing idéale ! En plus, le tannage est végétal et c'est fabriqué au Portugal.
Pour finir, j'ai acheté des petites déco sympa (zoizos, rennes et boules en bois peint) pour mon futur sapin de Noël. Ça ne me ressemble pas, mais il faut que j'assure le bonheur familial, cette année, après avoir boudé Noël l'an passé. Alors j'anticipe pour éviter la cohue. De retour, je bois un thé Casablanca, j'écoute Pete Doherty pour oublier la pluie et je croque un cookie pour ne pas que mon ventre gargouille au ciné (je vais voir un film d'animation : Mary et Max).
Après, devant le désespoir affiché de mon entourage, qui veut absolument me caser, je me tâte à aller en boîte. Rigolez pas. J'ai jamais fait ça. En plus, j'ai mal au dos. Si je vais sur le dance floor avec un déambulateur, sûr, j'fais un malheur !!!

Photo : Quand on a des bleus à l'âme, en amour comme en amitié, comment faire pour recoller les morceaux ? J'ai toujours détesté les puzzles. Pas la patience pour ça. Et puis on voit les raccords.

Fébrile dans la brume

Comme toutes les célibataires allergiques au cambouis et aux joints de culasse, je vais à reculons chez le garagiste (remarquez, l'essentiel, c'est que la voiture finisse par y arriver), et ma Carte Bleue se fait toute petite dans mon portefeuille. Elle devient bleu pâle, même. Capital et Envoyé spécial m'ont appris à faire preuve d'une suspicion légitime à l'égard de cette corporation. Comment voulez-vous que je vérifie, moi, si mes coupelles d'amortisseurs sont nases ? Dire qu'un vin est bouchonné, OK, qu'un bouquin est écrit avec les doigts de pied, très bien, qu'un plat est complètement loupé, aussi. Mais les coupelles d'amortisseurs, non. Je ne m'y résoudrai jamais. Et comme pour achever de me convaincre que je n'ai plus grand chose à faire au volant d'une auto, j'ai tourné plus de vingt minutes ce soir, avant de pouvoir me garer.
Pour un peu, j'aurais perdu tout le bénéfice du triptyque piscine-jacuzzi-sauna que je me suis offert ce soir, avec Marie. A propos, allez faire un tour sur son blog, elle y parle de l'expo Camille Claudel au château du Rivau… et d'un nu collectif de Spencer Tunik organisé avec Greenpeace… dans les vignes de Bourgogne pour sensibiliser aux risques du réchauffement climatique. Vous imaginez, un nu collectif dans un vignoble de pineau d'Aunis ? Ça laisse songeur…
On a eu un début de fou rire en nous installant dans cette enveloppante purée de pois qu'est le hammam. En commençant à papoter, je me suis dit : et si j'avais des ennemis invisibles dans ce bain turc embrumé (pléonasme) ? Marie a commencé à siffloter "tea for two, and two for tea…". Mais bon, on n'a croisé ni ennemi(e), ni Bourvil, ni de Funès. En attendant, Margaux a toujours mal au dos et Margaux va vraiment vendre sa Twingo !

Photo : Boire ou conduire, il faut choisir ! J'arrête de conduire. Vélo ou auto ? Y a pas photo, demandez à M. Hulot.

Le coup de chaud jette un froid

Le réchauffement climatique porte-t-il préjudice aux vins français ? C'était le thème de Service public, sur France Inter, ce matin, qui abordait la qualité, de plus en plus contestée, des AOC (Appellation d'origine contrôlée). Claude-Marie Vadrot, un de mes collègues spécialiste des questions environnementales, prétend dans un article publié cette semaine, dans Politis, qu'on met de l'eau dans certains crus (on dit "mouiller le vin"), selon le témoignage de certains vignerons. Pour lui, et pour faire court, certains vins de Bordeaux et de Bourgogne ont changé de profil et ne correspondent plus au cahier des charges de leurs AOC (raccourcissement de la période de maturation du raisin, vin plus tannique, plus concentré en alcool…). Les vins de Touraine, eux, seraient plutôt favorisés par le réchauffement climatique (ouf !).
Autant vous dire que tout le monde n'est pas d'accord sur ce sujet brûlant (je vous conseille de podcaster l'émission pour en savoir plus). Selon un autre intervenant, la baisse des rendements et les changements dans le travail de la vigne, depuis les années 1970, jouent aussi un rôle dans l'évolution du profil des vins, globalement plus concentrés en alcool.
Contrairement à des pays comme l'Australie, où le vin est dominé par quatre firmes, 140 000 personnes produisent du raisin pour le vin en France, ce qui est déjà un gage de diversité. Autre spécificité hexagonale, notre façon de définir les vins en fonction d'un terroir et non d'un cépage, comme c'est le cas dans les autres pays producteurs. Et de citer l'Alsace, l'exception qui confirme la règle avec ses vins de cépage : riesling, gewurztraminer… Au Chili ou en Argentine, qui cultivent certains de nos cépages par grande chaleur, les vignes sont recouvertes d'un filet pour les protéger du soleil et l'on désalcoolise le vin, choses interdites en France. Bref, un débat passionné sur un sujet sulfureux !

Photo : Un cep de vigne à Paris, photographié en juillet dernier. Destin tragique… pour une liane frileuse de nature !

Villandry avant la pluie

J'ai eu le nez creux, hier, quand je vois la pluie tomber sans discontinuer, ce soir. J'ai passé une partie de l'après-midi dans les jardins de Villandry, et dans le château, que je n'avais encore jamais visité, en compagnie du chef jardinier, Laurent Portuguez. Je connaissais déjà le potager décoratif, et je ne m'en lasse pas, ainsi que le jardin des simples, le labyrinthe…, mais là, j'ai enfin découvert le Jardin du Soleil, inauguré l'an passé.
Un beau désordre organisé de vivaces, d'arbustes et de graminées, qui rompt avec la rigueur des topiaires et des carrés. Henri Carvallo, maître des lieux, a fait appel à Louis Benech, un grand architecte paysagiste, pour dessiner La Chambre des nuages, où dominent le bleu et le blanc, et à Alix de Saint Venant, architecte paysager et heureuse propriétaire du château de Valmer, pour la partie qui représente le soleil, dans les tons orangés. Bien sûr, à cette période, les vivaces commencent à bouder. Dans le Jardin d'amour, en contrebas, les jardiniers s'affairaient à arracher les 13 000 bégonias qui seront remplacés par 13 000 myosotis et autant de tulipes !
Labellisés "Jardin remarquable", les jardins de Villandry sont aussi classés Monument historique depuis 1934. Dans quelque temps, ils pourraient bien décrocher un label bio. Depuis deux ans, Laurent Portuguez pratique sur ce site mondialement renommé un jardinage naturel, avec la complicité des coccinelles, des grelinettes, des paillages et des engrais organiques. Résultat : beaucoup plus de papillons (il y en avait encore hier) et d'insectes d'une manière générale. Et toujours autant de beauté dans ces carrés disciplinés. Prenez en de la graine !

Photos : Le potager décoratif vu du ciel (rien à voir avec YAB : c'est moi qui l'ai faite !!!), sous un franc soleil d'automne. Le potager décoratif vu de mon nez.

Vers l'écogourmandise

Vous avez remarqué comme les livres sont verts, depuis quelques années. J'en ai reçu un nouveau, sorti cette semaine : Planète cuisine, chez Minerva (25 €). On connaissait déjà Planète attitude, le premier livre sérieux sur les écogestes, sorti en 2004, puis décliné pour la jeunesse et la santé. Voici son petit frère sur une cuisine respectueuse de l'environnement, avec une cinquantaine de recettes concoctées par des chefs d'Euro-Toques, en collaboration avec le WWF.
C'est un beau livre (une idée pour Noël, qui arrive à grands pas), avec des recettes plutôt élaborées et certes pas toujours bon marché, mais il regorge de conseils écogourmands pour bien choisir ses produits : locaux, de saison, équitables ou bio, viandes moins impactantes, poissons issus d'une pêche durable… Cerise (ok, c'est pas la saison, mais bon…) sur le gâteau, l'ouvrage comporte quatre conso-guides à découper et à glisser dans son sac : un conso-guide des saisons (pour les produits maraîchers d'une part, pour les viandes et les poissons, d'autre part ; un conso-guide sur les labels alimentaires ; un conso-guide des produits de la mer. Bien pratique pour des emplettes responsables ! Par exemple, on privilégiera ces temps-ci les courges, les choux, les poireaux, les pommes, les poires, les châtaignes, le raisin… Pour le X Noir, vous pouvez y aller. Le cépage pineau d'Aunis est plutôt rare, mais boire du X Noir encourage sa culture. Ça, c'est de la consomm'action !

Un festival de festivals

On sent qu'il fait bon s'enfermer. En Anjou et en Touraine, les festivals fleurissent pendant l'été indien. Durant une semaine, à Tours, on a eu des soirées musicales pas banales avec le Festival de poche. Je ne vous en ai pas parlé car le succès fut tel que tout était complet. Le principe, décliné par l'excellent magazine TV Culturz (TV Tours) : 8 concerts acoustiques donné chez des particuliers : plus de 300 personnes ont ainsi applaudi les 9 artistes sollicités, dont Rubin Steiner, hier soir, tout de même. Il devrait y avoir d'autres éditions. Moi je dis, X Noir serait le sponsor parfait pour ces concerts de poche. Mais bon, "j'dis ça, j'dis rien", comme dirait l'autre.
Plus sérieux, le premier festival Cinéma et politique de Tours, qui se déroule dans mon cinéma fétiche tout le week-end (sans moi : la politique, ça me saoûle bien plus qu'un bon verre de crémant). Pour en savoir plus, je vous suggère de lire le dernier numéro de Parallèle(s), le gratuit culturel d'une copine, Marie, téléchargeable sur le site éponyme.
Non, moi j'irais plus volontiers à Mûrs-Erigné, si je n'avais pas déjà prévu une virée francilienne. Cette bourgade située près d'Angers propose en effet la 5e édition d'un festival de grande qualité sur la nature et l'environnement, avec du beau monde : demain, c'est carte blanche à José Bové. A vous les belles bacchantes !

Quel joli temps (octobre)

J'en avais marre de bosser ce soir, alors je suis allée au ciné en quittant mon bureau. J'avais envie de voir Mademoiselle Chambon, le dernier film de Stéphane Brizé, connu à Tours pour y avoir tourné Le bleu des villes, un film sympa. Curieusement, j'ai eu son frère comme prof d'allemand, au lycée ! Du roman éponyme d'Eric Holder, que je n'ai pas lu, ce réalisateur a tiré un film juste, émouvant, économe en paroles.
Personnellement, j'ai adoré. Ce ne fut visiblement pas le cas des deux dames assises à côté de moi, qui se sont ennuyées ferme, si j'en crois les inévitables commentaires "post-générique". C'est étrange, comment un même film peut susciter des réactions aussi opposées. Question de vécu et de sensibilité, j'imagine ? Télérama fait un pour/contre, cette semaine, mais je ne l'ai pas lu.
Bien sûr, la justesse du ton tient beaucoup au jeu - excellent - de Vincent Lindon et de Sandrine Kiberlain, grave et grâcieuse. Certains glosent sur le fait que ces deux grands comédiens furent amants dans la vie. Mais comment savoir si cette complicité ajoute à la vérité des sentiments naissants portés à l'écran ? Qu'importe, c'est aussi un beau film sur le choix, le renoncement, qui s'achève sur une chanson de Barbara , Septembre (Quel joli temps) :
“ Jamais la fin d'été n'avait paru si belle
Les vignes de l'année auront de beaux raisins
On voit se rassembler, au loin les hirondelles…”

Photo : Le cyclamen, fleur d'automne par excellence, aux couleurs pastel d'X Noir (dans le verre, j'entends !). Savez-vous pourquoi ses fleurs s'inclinent vers le sol ? Pour faire allégeance aux fourmis qui consomment l'enveloppe de leurs graines et les transportent plus loin.

La mésange bleue

Sur le dernier album de Murat, il y a un titre qui s'appelle La mésange bleue. Du pur Murat, du déjà entendu, mais je ne m'en lasse pas. Rien à voir avec le petit passereau acrobate : des paroles poétiques et mélancoliques sur l'amour qui s'étiole avec des choeurs féminins (on pourrait presque dire des coeurs féminins). "Le frisson froid nous a trouvés", chante-t-il.
Sur le dernier album de Miossec, il y a un titre qui s'appelle Fermer la maison, sur le mensonge, les non-dits… et les cartons qui en découlent, la construction et la démolition.
Sur le dernier album de Brigitte Fontaine, il y a un titre qui s'appelle Je suis un poète, où il est question de rêverie, de bizarrerie.
Sur le dernier live de Daho à Pleyel, il y a plein de titres qui ont rythmé mon adolescence, et qui continuent à me porter. Je les connais par coeur (par choeur ?).
Belle salve de disques sortis les uns après les autres, pour moi qui en achète peu. Un Auvergnat et trois Bretons. Le juste équilibre pour bien les digérer.
Cette après-midi, oui, le frisson froid m'a trouvée, comme le dit si bien Murat. A mon cours de taï-chi, pendant que la mésange bleue s'égosillait, justement. Les pieds dans les feuilles mortes, j'ai senti que les rayons du soleil étaient les derniers de la saison à me dispenser un peu de leur chaleur. Rentrée chez moi, j'avais le bout du nez froid. Un signe. J'ai rallumé le chauffage.

Photos : "On prend son plaisir en forêt, oiseaux sauvages ou noisetier, l'inconnu nous tient de tous côtés", chante Murat. La cueillette des champignons me manque.

2,07 mètres

Non, ce n'est pas le titre d'un nouveau roman de Beigbeder. C'est juste la longueur de la gourde de Jules. Quelle gourde ?, allez-vous penser. Eh bien la lauréate du concours de la plus longue gourde du jardin-conservatoire de Valmer, près de Vouvray. A l'occasion du 7e Vide-Jardin, dimanche dernier, le concours des gourdes a donc récompensé Jules, un petit Parisien de 9 ans, pour la gourde qu'il a cultivée chez ses grands-parents, à Chartres.
Moi qui connais un peu Jules, je peux attester qu'il a du mérite. Il a même essayé, avec sa maman, d'en faire pousser sur un balcon du XVe arrondissement. Moi je dis, chapeau… melon ! Ça mérite un coup de vouvray et de Pur Raisin pour Jules, qui l'apprécie bien.

Photo : Jules devant son trophée de cucurbitacée. © J. Galland.

Délices au pays des merveilles

Si on m'avait dit qu'un jour je papoterais une bière à la main avec Dominique A, dans le centre socio-culturel de la ville où j'ai grandi, près du Mans, je ne l'aurais pas cru. Pourtant, ça s'est passé aussi simplement que ça. Je lui ai dédié mon dernier livre, il m'a dédicacé le sien (Un bon chanteur mort) après son concert dans la petite salle Jean-Carmet qui, soit-dit en passant, était un grand ambassadeur du bourgueil… Les journées banales, voire pénibles, réservent quelquefois des soirées exceptionnelles. Parfois, c'est l'inverse ! L'idéal, c'est quand même les deux, mais là, c'est peut-être trop en demander.
La soirée de la veille, elle aussi, fut assez exceptionnelle : les superbes chevaux, admirablement dressés, du Cadre Noir de Saumur, avaient l'air de danser dans le grand manège qui nous accueillait. Héritage militaire oblige, les exercices sont très académiques. Mais grâce aux commentaires, on comprend l'exigeant travail des écuyers de cette Ecole nationale d'équitation.
Détail amusant, certains chevaux étaient par hasard aux couleurs d'X Noir, qui sponsorise les trois soirées de ces Musicales. Avant la présentation des reprises et pendant l'entracte, bulles, macarons et petits fours pour les spectateurs, poignée d'avoine grand cru pour les bucéphales !
Macaron : j'ai prononcé le mot magique (ça faisait longtemps !). Eh bien si vous êtes amateur, comme moi, foncez demain dimanche à La Cave aux Délices, un parcours de dégustation aménagé au sein des caves d'Ackerman. Vous pourrez y savourer les délicieuses spécialités du maître pâtissier Laurent Morvan, et notamment ses macarons raffinés, avec une sélection de cuvées à fines bulles sur trois stands différents : un espace baroque pour le crémant de Loire Blanc de Noir, une mise en scène tendance pour X Noir, un décor coloré pour la cuvée Royal Rouge.
Caves Ackerman, de 10 heures à 18 heures. Tarif visite des caves : 2 €. Tél. : 02 41 53 03 21.

Photos : Une reprise aux Musicales du Cadre Noir, jeudi soir, à Saumur. Les macarons de Laurent Morvan, champion de France des desserts (2000) implanté à Luynes, joli village doté d'un beau château, en bord de Loire, à 20 minutes de Tours .

Les bulles, mon dada

Je ne devrais pas le dire, mais je ne suis jamais allée au Cadre Noir, la prestigieuse Ecole nationale d’équitation de Saumur. Je fais du cheval comme un Inuit fait du surf, mais ça n’est pas une raison, vous allez me dire. J’aime beaucoup l’animal, en revanche, et je rêverais de le chevaucher en amazone ! Y a du boulot, autant vous le dire !
En tout cas, après le vélo dans les vignes et la montgolfière au-dessus de la Loire, j’embarque Sophie pour de nouvelles aventures, ce soir, aux Musicales du Cadre Noir, un spectacle original qui allie la musique classique à l’art équestre. On y découvre les grâces de l’équitation académique et les fameux sauts d’école dans une scénographie enrichie de jeux de lumière (avec l’orchestre d’harmonie de Bordeaux).
Partenaire de la manifestation, Ackerman proposera la (re)découverte de ses cuvées de fines bulles, et notamment Les Grande Réserves déclinées en crémant de Loire et Saumur, ainsi que mon X Noir à moi. Vous n’êtes pas libre ce soir ? Qu’à cela ne tienne : il y a deux autres représentations samedi (enfin, apparemment, c'est déjà complet…) et dimanche, les 10 et 11 octobre. Faites comme moi, invitez une cavalière !

Photos : Avant X Noir (remarquez la couleur du harnais !). Après X Noir…

The Saumur touch in NY

Bien sûr, ce qui fascine en premier lieu, à New York, ce sont les gratte-ciel, même si les deux plus hauts ont disparu. L’Empire State Building, avec ou sans King Kong (je n’avais pas mes jumelles, mais j’ai bien regardé, je ne l’ai pas vu), c’est tout de même 442 m de hauteur ! En revanche, j’ai pris le ferry gratuit qui va à Staten Island pour voir la Statue de la Liberté, bien plus grande que sa réplique parisienne. Vert de gris avec sa flamme dorée, elle faisait son boulot de Statue de la Liberté.
Pour finir la soirée, je suis allée au Bateau Ivre : pas la salle rock bien connue des Tourangeaux, non, mais un bar à vin de Manhattan où le X Noir est régulièrement à la carte. Pas de bol, là, il y avait rupture de stock, ce qui m’a condamnée à boire des bulles américaines connues sous le nom de Pepsi (le nom du cépage est tenu secret). Mais la serveuse m’a assuré que les bulles du rosé saumurois avaient été plébiscitées.
L’esprit européen, à New York, il flotte surtout sur Greenwich Village, un quartier charmant et sans building. A défaut d’être allée dans le café de Friends, cher à Marie-Jeanne, j’ai fait un pèlerinage à la Magnolia Bakery de ''Sex and the City'', chère à Nathalie… On y sert les fameux « cup cakes », des petits gâteaux crémeux, mais j’ai résisté pour avoir une chance de rentrer dans le jean que j’ai ramené.

Photos : Une statue bien connue sur Liberty Island. Le Bateau Ivre, l’un des quatre bars de New York où le X Noir est servi.

La ville qui ne dort jamais

Comment résumer une journée de plus à New York, dans la mesure où je remarque à peu près une chose par minute ? J’ai croqué un peu plus de la pomme, sans pépin. Mon plus gros choc : le Moma, petit nom affectueux que les New Yorkais donnent au Museum of Modern Art. Parmi les œuvres qui m’ont envoûtée, le drapeau américain de Jasper Johns, les Warhol et les Rothko, que j’avais déjà vus (mais on ne s’en lasse pas), Roy Lichtenstein, Giacometti, Léger, Matisse, Louise Bourgeois, Joseph Beuys et les superbes galeries de photos (Nadar, Robert Frank, Diane Arbus, Avedon…). Bref, j’ai piétiné des heures dans cet endroit immense et fabuleux.

Autres moments forts, le Dakota, devant lequel Lennon fut assassiné, le théâtre Apollo, à Harlem, temple du jazz noir américain (enfin, c’est d’abord le nom de mon chat !), le luxe de la 5e avenue et sa boutique la plus branchée, Abercrombie & Fitch, où je me suis acheté une belle chemise rayée façon Shane, tout à fait abordable, qui ira bien avec mon Levi's Eco (moitié moins cher qu'en France…). A l’entrée, il y a un playboy qui pavane torse nu, et à l’intérieur, qui tient plus de la boîte de nuit que du magasin, des canons (filles ou garçons) qui vous accueillent à chaque étage en souriant et en gigotant.
J'ai fini dans un bar français qui sert parfois du X Noir… mais ça, je vous le raconterai demain.

Lou, Woody, Marilyn, Paul et Dominique

Hier, à 12 h 21, il faisait 16 °C quand j’ai atterri à JFK. Ça fait déjà 24 heures et j’ai l’impression d’avoir vu une quantité de choses qui en d’autres lieux m’auraient occupée une semaine. Dans l’avion, j’ai regardé le dernier Woody Allen (Whatever Works, un délice de fable sur les surprises de l'amour) histoire de me mettre dans l’ambiance.
New York est une des rares villes qui me faisaient un peu peur a priori et je m’y sens déjà comme chez moi. Je considère ce séjour comme un repérage. C’est sûr, je vais revenir ici un mois ou deux. Pourquoi ai-je attendu si longtemps pour réaliser un rêve que je caressais depuis une vingtaine d’années ?
New York, c’est énorme. C’est haut, aussi, comme dirait Gainsbourg. Tous ces quartiers qui cohabitent, ce cosmopolitisme, ces Américains serviables et décomplexés, cette énergie qui vous porte… Je sais, ce sont des clichés, mais c’est incroyablement vrai. J’ai beaucoup voyagé, mais c’est une sensation unique, un grand choc que je n’avais pas ressenti depuis longtemps. A côté, Paris a l’air d’un village étriqué. Ici, j’ai envie d’écouter Lou Reed, de voir Marilyn chantonner sa déclaration d’amour au président, de courir à Central Park avec Woody, de lire Paul Auster au Cafe Reggio chanté par Daho (spéciale dédicace à Olivier ; c'est autrement plus excitant que Le Vieux Mûrier…). Spéciale dédicace aussi à Dominique, mon dentiste tourangeau, qui voue une passion obsessionnelle à Big Apple. Et pour croquer une grosse pomme, Dieu sait s’il faut de bonnes dents !
Je vous laisse, je file au MoMa : j'ai rencard avec Bette… ;)


Photos : Premier contact avec NY, le meilleur cheesecake de la ville chez Junior’s, savouré avec Stéphanie avant qu’elle ne m’entraîne pour une soirée hype dans Greenwich Village (loft d’artistes démesuré, calamars et mojitos dans un café cubain). Le quartier où « j’habite » : le grouillant Times Square, sur Broadway, allumé jour et nuit. Ground Zero, trou béant plus qu’émouvant où une tour phénix renaît de ses cendres…, au sud de Manhattan.

Issues du noir

Je ne crois guère au hasard. Hier, en prenant le TER avec mon matou zen (étape obligée avant de m’envoler pour New York), je me suis assise sans m’en rendre compte à côté d’un copain de Courcelles-de-Touraine, un village voisin de celui où je vivais. A mon corps défendant, j’ai eu droit à tous les potins du coin et il savait à peu près déjà tout de moi (le téléphone rural est aussi performant que le téléphone arabe). Parmi les cancans de Savigné-sur-Lathan, j’ai surtout été troublée par le fait que le jeune soldat foudroyé en Afghanistan le week-end dernier était de ce village, fils d’une vendeuse du Super U où je faisais mes courses. Ironie du sort, ce n’est pas la guerre, mais la foudre qui l’a tué le jour de ses 20 ans, et ce billet lui rend modestement hommage.
« Issues du noir », c’est une expo de photos. On peut lire un tas de choses dans ce titre opaque, selon son humeur. Humeur noire, humour noir, issue de secours.
Prompte à promouvoir toutes les expressions artistiques originales, la Maison Ackerman (et plus particulièrement X Noir) s’est naturellement associée à cette expo de l’Immixgalerie, un espace public dédié aux images mixtes qui émane de l’Espace Jemmapes, au bord du canal Saint-Martin (116, quai de Jemmapes, 75010 Paris, tél. : 01 48 03 33 22). Jusqu’au 31 octobre, elle met en avant trois artistes : Clara Chichin (calques et encres), Michaël Duperrin (En son absence) et Régis Sénèque (Portraits), dont l’œuvre s’articule autour du noir. Le noir, matrice originelle de la photographie.

Photo : © Clara Chichin.