juin 2009 - XNoir

Plus ou moins trente

Ce soir, comme j'étais anesthésiée par la chaleur, je suis allée me rafraîchir au cinéma. Le titre du film était tout désigné : Romaine par moins 30 °C. Une histoire cocasse et décalée avec Sandrine Kiberlain, parfaite pour une soirée caniculaire. Ça se passe au Québec en plein hiver, et les congères ont fait baisser la température de la salle, à tel point qu'à la fin j'avais presque la chair de géline ! En ressortant, évidemment, il faisait toujours jour et toujours chaud. De moins trente à plus trente : une amplitude thermique digne du désert mojave. Je vais réitérer demain soir en allant voir Fais-moi plaisir, dans le même genre burlesque. Au cas où ça vous aurait échappé, c'est la Fête du cinéma jusqu'à vendredi inclus. En attendant que mes haricots verts cuisent, j'ai louché sur La Carte aux trésors. Non pas que j'aime particulièrement cette émission, mais il se trouve que c'était sur la Loire-Atlantique. Guérande, La Brière, Clisson…, j'y ai reconnu plein de lieux familiers. Le vignoble nantais a aussi eu sa part du gâteau, avec une belle promo pour le cépage du muscadet, le melon de Bourgogne. Grâce à l'émission, deux nouveaux plants ont rejoint les coteaux d'Ancenis.

A Loire et à manger

C'est la Loire qui a dicté sa loi ce week-end. J'ai pour ainsi dire passé les trois-quarts de mon temps sur ses rives. Rive gauche, hier matin, pour mon petit café à la guinguette, entre copains. Ce matin, pour mon jogging, aller-retour rive droite jusqu'au bourg de Saint-Cyr, et cette après-midi, dans le très beau parc de Rochecorbon, à l'ombre. Après un pique-nique gargantuesque arrosé de gamay, de bourgueil et de chinon - rillons, rillettes de Tours, chips de vitelotes (des pommes de terre du coin violettes), clafoutis aux cerises…-, on a fini par une balade ornithologique en quête des sternes. Deux espèces nichent sur les îles sableuses, et on peut les observer facilement depuis le pont de fil, où j'ai croisé Hélène sur son vélo, d'ailleurs. Grâce à ma longue-vue, on a pu voir les poussins attendre leur pitance, ainsi que des petits gravelots. Un moment donné, la colonie s'est liguée pour faire face à l'attaque d'un faucon crécerelle. J'en ai donc plein les pattes, ce soir, et j'ai la peau gorgée de soleil, comme une grappe de raisin au moment des vendanges. D'ailleurs, Dominique Mansion m'a dit qu'il n'y aurait pas de pineau d'Aunis à l'expo du Muséum de Blois, dont je vous ai parlé avant-hier, mais il nous offre en avant-première son muscat de Hambourg. Allez, ne soyons pas chauvins !

Graines d'artiste

J'ai passé une partie de l'après-midi avec Dominique Mansion, un ami naturaliste et illustrateur du Loir-et-Cher, de passage à Tours. Il est connu notamment pour les "trognes" qu'il avait présentées au Festival des Jardins de Chaumont-sur-Loire, ces arbres aux silhouettes singulières, emblématiques du bocage qu'il aime tant. Artiste, militant, botaniste hors pair, auteur de nombreux ouvrages et de l'Agenda nature (chez Ouest-France), Dominique cumule les talents et les compétences comme il cultive la simplicité et la modestie. C'est donc quelqu'un de rare et de sensible. Comme ses ressources sont inépuisables, il a aussi créé la Maison botanique de Boursay, dans le Perche vendômois. Outre son "Chemin des trognes", on y trouve un sentier botanique, un jardin et de nombreuses animations autour des haies, du bois, des teintures végétales… A partir du 4 juillet, une partie de ses oeuvres (aquarelles naturalistes) sera exposée au Muséum d'Histoire naturelle de Blois, aux côtés des céramiques d'une autre artiste, Séverine Cadier. Le thème retenu : les graines ! Le titre : Graines d'Artistes. Ça peut paraître bête, mais comme je l'écrivais dans l'un de ses livres, que j'ai postfacé, la créativité de Dominique peut faire d'une graine de tilleul un échassier, comme elle peut dérouter par un gland bleu façon pop art, promesse de vie que l'on piétine avec mépris. Dominique est fasciné par les fruits et dessine à merveille les pommes, les poires, les noix… Avec l'association angevine Mission Bocage, il prépare actuellement un livre sur les variétés anciennes de pommes d'Anjou. Ça ne s'invente pas ! Tiens, il faudrait que je lui demande de "croquer" une grappe de pineau d'Aunis. Après tout, il vit dans le fief de notre cépage fétiche…

Image : aquarelle de Dominique Mansion représentant une "trogne".

Dans l'ombre du ministère

Mon empire pour une douche ! Dommage, il n’y en a pas dans le TGV. Quand j’ai traversé le Canada en train, il y avait une douche par voiture. Se doucher en roulant a quelque chose de fascinant. J’ai découvert la chaleur accablante qui a régné aujourd’hui sur Paris, après des heures passées dans l’ombre du ministère de l’Ecologie, à me former sur le management durable des centres-villes. Des problématiques passionnantes et transversales, qui associent des élus, des commerçants, des associations… Du coup, j’ai déjeuné au septième étage de l’Unesco. Pas loin du septième ciel, finalement, avec une vue panoramique sur la capitale ensoleillée : le toit des Invalides, celui de la Sorbonne, Jussieu, Montparnasse et la tour Eiffel. Drôle d’endroit que l’Unesco, où l’on parle toutes les langues au self comme dans l’ascenseur. Je me demande comment un tel navire peut naviguer… Dans les rares vins proposés, il y avait du touraine, figurez-vous. Le gamay, en revanche, n’était pas de chez nous. En attendant, je ne suis pas fâchée de retrouver l’air ligérien ce soir. Je vais fêter ça à la guinguette avec Sophie.

Photo : Les Invalides, en sortant du ministère de l’Ecologie.

Manche courte

Je viens de passer 24 heures dans La Manche. Court, mais dépaysant. Mon travail consistait à tester pour un bimestriel une randonnée accessible en transports en commun dans les marais du Cotentin et du Bessin. Ça ne s'invente pas. Après mes 26 km de dimanche, puis mes 12 km de lundi à vélo, je me suis cette fois déplacée à pied, tant et si bien que je me suis fait piéger par un trou de ragondin. En une seconde, j'ai perdu 30 cm d'altitude. Une sorte de trou d'air dans la terre, si vous voyez ce que je veux dire… J'ai failli y perdre ma vieille Stan Smith. Un tiers de mon jean propre s'est couvert de boue. Heureusement que j'en ai un de rechange pour aller au ministère de l'Ecologie demain… Au même moment, un peu plus au nord, en Baie de Somme, Aurélie, qui fait le même métier que moi, perdait sa semelle de Caterpillar dans une ravine envasée alors qu'elle effectuait un reportage sur la cueillette de la salicorne. On n'est pas des reporters de guerre, certes, mais une paire de chaussures de ce genre, ça coûte plus cher que la rédaction d'un feuillet ! Je vais militer pour une prime d'équipement, comme chez EDF, à défaut d'une prime de risque. Heureusement qu'hier soir, j'ai mangé polonais avec Isabelle, à Saint-Jean-de-Daye. Un cadre dans son jus et une bonne cuisine (j'ai pris les brochettes d'agneau flambées à la vodka), que je vous recommande !

Photos : Le marais, à Liesville-sur-Douve. Une image pour le moins insolite : à Saint-André-de-Bohon, le clocher de l'église a été détruit en 1944. Lors de la reconstruction, le nouveau clocher s'est effondré. Par prudence, le clocher actuel a été laissé au sol…

Pédale douce

Malgré une autre soirée arrosée au vouvray et au chinon, j'ai repris l'entraînement de vélo, hier matin (on attend toujours Michel-Emmanuel, d'ailleurs… Ouh ouh, Michel-Emmanuel, réveille-toi, on est lundi soir !). Direction Montlouis, cette fois, rive gauche, en revenant par Vouvray, rive droite, soit 26 km sans difficulté. Nous avons fait une halte sur le Pont de fil (eh oui, il bouge) pour admirer le ballet des sternes naines et pierregarin. Elles plongent la tête la première dans le fleuve en quête de petits poissons dont elles nourrissent leurs poussins, qui gesticulent sur l'île centrale. En août, tout ce petit monde partira pour l'Afrique, alors j'en profite.
Puis j'ai embarqué mon chat à la campagne. J'ai un chat qui est un peu chien sur les bords. En gros, je l'ai sifflé en haut de l'escalier et il a grimpé les marches quatre à quatre pour s'installer docilement dans sa boîte, chose qu'il ne fait habituellement que pour quitter le cabinet du méchant vétérinaire. Ce chat m'étonnera toujours. Son sixième sens m'interpelle…
Après un crémant de Loire, une paisible barbecue party et une sieste bucolique, il a fallu que je m'enfonce dans les rues noires de monde du Vieux Tours, bouclé pour la Fête de la Musique. Un matou charpenté sous le bras, un carton de vin sous l'autre, j'ai traversé la scène improvisée sur les pavés de ma rue pour rejoindre mes pénates : "Excusez, excusez, j'habite là et j'ai un chat…". Ça n'a aucunement perturbé les joueurs de blues, qui ont été suivis par des percussionnistes au meilleur de leur forme, jusqu'à 2 heures du matin. Pas de chance, je me levais dès potron minet aujourd'hui (mon chat m'a dit qu'auparavant on disait dès "potron-jacquet", potron désignant "derrière" et "jacquet" écureuil ; autrement dit, cette drôle d'expression signifiait "dès qu'on voit le derrière des écureuils", censés être matinaux, comme les chats…). Après la bringue qu'il y a eu toute la nuit, on pourrait même dire que je me suis levée dès pochtron-minet. Ceci dit, dans ma rue, au petit matin, il n'y avait pas plus d'ivrognes que de matous. Et moi je n'avais pas les yeux en face des trous. J'ai refait du vélo le long du Loiret (pour le boulot, cette fois), et autant vous dire que j'ai mis la pédale douce. C'était ça ou perdre les pédales.

Photos : La Loire vue depuis le pont de fil, à Tours. La place Plum', hier soir, pendant la Fête de la Musique.

Orsenna, petits pas et salsa

Hier soir, j'ai papoté un peu avec Orsenna, puis j'ai fait la java. C'était super sympa et, comme toujours en Touraine, dans un cadre fabuleux : celui du Clos Lucé. Le manoir où mourut Léonard de Vinci (tout de même) et un très beau parc arboré qui met en scène ses toiles et ses machines incroyables. Un lieu rêvé, donc, pour écouter un autre génie, Erik Orsenna, à la polyvalence extravagante. Romancier, économiste, conseiller d'Etat… le genre de parcours qui me fascine. Un académicien marin (avec des origines saumuroises) capable d'écrire sur le Gulf Stream, le coton ou l'avenir de l'eau. Là, comme il s'adressait à de jeunes entrepreneurs du CJD, il nous a parlé de la méthode Lean, venue du Japon, qui, grosso modo, s'intéresse à la performance de l'entreprise via une certaine souplesse. J'ai donc bu ses paroles avant de lui offrir un verre de vin (du chenin de chez Jacky Blot) en parlant écologie. Pour moi qui n'ai aucune culture de l'entreprise, cette soirée fut aussi exotique que le repas Renaissance, excellent, qu'un consultant en cuisine historique, sieur Sausin, nous a servi en "vieux françois". Comme la soirée était sponsorisée par X Noir, j'ai été chargée de remettre trois cartons de bulles roses à des inconnues, tirées au sort. Que des Tourangelles, étrange hasard qui m'a valu des quolibets… A ce propos, le monde est petit : il y avait 220 personnes dans la salle, et je me suis retrouvée à côté des patrons de l'unique usine de mon ancien village…
A la suite de quoi la piste de dance s'est ouverte. Sophie, impeccable dans sa longue robe fendue, a assuré, hilare, avec JC. Pas comme moi qui risque la syncope à la moindre farandole. J'ai beaucoup moins de souplesse que la méthode Lean. Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas déhanchée, alors je me suis quand même un peu lâchée (toutes proportions gardées). Une Margaux qui se lâche reste une Margaux coincée, surtout après un an d'hibernation sentimentale. Bon, ce n'est pas le dégel non plus. Comme dirait Anne Roumanoff, j'ai hésité entre "la louve lubrique" et la célibataire en phase terminale. Aucune des deux formules ne s'est imposée, faute de pouvoir se griser (prendre la voiture alcoolisée sur la levée de la Loire en pleine nuit, c'est déconseillé : d'Amboise à Tours, il y a plus de virages que de bulles dans un verre de vouvray).

Photos : Erik Orsenna et Patrice, goguenards. Fruits rouges, réglisse, pruneaux, chocolat, poivron… autant d'arômes qu'on peut retrouver dans un vin.

Coma hydraulique

L'expression n'est pas de moi. Elle est de Gad Elmaleh, dont j'ai regardé une partie du DVD ce soir pour me marrer, et ça marche. Qu'est-ce qu'il est drôle ! Un moment donné, il boit de l'eau et se demande comment ça se fabrique pour en faire chez lui. Il évoque l'eau en poudre, mais ne sait pas avec quoi la mélanger. Et il avoue en avoir bu tellement un jour qu'il a fait un coma hydraulique. Ça ne risque pas de m'arriver. Pour une échographie, à la limite… A propos d'échographie, j'ai interviewé la navigatrice Maud Fontenoy, hier matin, qui me disait qu'avoir un enfant était le plus beau moment de la vie d'une femme. Je me suis donc demandé quel pourrait être le plus beau moment de ma vie si ça n'était pas celui-là, ce qui est fort probable : le jour où je pourrai m'acheter des chaussures en marbre, comme dirait Gad Elmaleh, ou bien un écran placenta ! Bref, passons, il ne fait pas bon rire de ce genre de chose la veille du verdict de l'affaire Courjault, qui continue à faire hurler les sirènes sur la place Jean-Jaurès, où les régies télé sont en faction. Alors en attendant le plus beau jour de ma vie (qui d'ailleurs est peut-être déjà arrivé sans que je le sache !), je vais faire "l'australopithèque" ce week-end. Au programme, un gala Renaissance du CJD vendredi au Clos-Lucé en partie arrosée d'X Noir, à laquelle vous pouvez d'ailleurs vous inscrire (il y aura notamment une conférence d'Erik Orsenna), une garden party samedi avec plein d'amis que je vais en partie arroser de Pur Raisin (parce que ça commence à 17 heures et qu'il y a des enfants !). Bon, sur ce, je vais me "faxer" dans mon lit : faut que je sois en forme pour le week-end !

Photo : Le château d'Amboise, non loin du Clos-Lucé, où Léonard de Vinci passa les trois dernières années de sa vie.

Asperges, papilles et molécules

Je suis contente de moi. Mon premier entraînement pour la Loire à vélo est plutôt encourageant : 28 km en 1 h 30 le long du Cher, à une moyenne de 18 km/ h selon mon coach (et 14 km/h en montant la Tranchée, une côte redoutable à Tours Nord, pour ceux qui ne connaissent pas). Mon coach n'a pas manqué de me faire remarquer que je m'étais moquée de lui sur la Wii Fit. Il est donc allé prendre des nouvelles de mon Mii, qui dort profondément lui aussi. La Wii ignore que nous pédalons de concert le dimanche matin. Le sport virtuel a ses limites.
La veille de l'entraînement, j'ai mangé des asperges du marché (rien de tel pour se faire choper au contrôle anti-dopage !). C'est un peu récurrent ces temps-ci, vous allez me dire, mais c'est la saison qui veut ça, et manger des légumes locaux de saison, c'est le B.A-BA d'une démarche écolo. Cette fois, on a choisi un vouvray demi-sec avec. Depuis, pour faire suite à notre discussion sur l'association asperges/vins, Sophie m'a envoyé un article assez éclairant sur la question, que je vous recommande. C'est une approche quasi scientifique d'un confrère québécois de La Presse, un quotidien pour lequel j'ai pigé un peu après avoir vécu au Canada. Il s'appelle François Chartier et est l'auteur du livre Papilles et Molécules - La science aromatique des aliments et des vins. Notre Québécois nous conseille donc, en blanc, un sauvignon. Comme Sophie, il arrose ses asperges d'un simple filet d'huile d'olive. Pour ma part, sang normand oblige, je ne déroge pas à la crème fraîche…

Photo : Après la guinguette matinale et le jardinage de fin de journée, le repas bien mérité du samedi soir, à la fraîche, autour des pois de senteur du marché aux fleurs. Ou quand une table de pique-nique tourangelle se déguise en table provençale : démasquée !

Petit train-train ligérien

A peine debout ce matin, j'ai filé à la guinguette boire un café avec Claude et sa clique. Le soleil tapait déjà fort et comme il n'y a personne à cette heure-là, on entendait le "ressac" apaisant de la Loire et les cris des sternes qui pêchaient.On a parlé des événements nationaux qui secouent le microcosme tourangeau, comprenez l'affaire Courjault, dont l'arrivée, vers 8 h 30, et le départ, vers 19 h, rythment le quotidien du centre-ville depuis quelques jours, à grands renforts de sirènes. Pour une fois qu'on a la presse nationale à Tours, ce serait dommage que la police ne se la joue pas Starsky.
Hier, j'ai dîné chez Rabelais, dans le réfectoire, avec Faustine, Marie, Sophie, Guillaume et compagnie. C'était les 20 ans du Cub de la presse Val de Loire et il y avait toute la mestrance. Le conservateur du prieuré de Saint-Cosme, très sympa, nous a fait visiter son domaine, en plein chambardement. Ils y effectuent une vaste campagne de fouilles avant de restructurer complètement les jardins (d'ici à 2011), d'ailleurs très joliment fleuris à cette période. On a appris accessoirement qu'il y avait quelque 300 corps sous nos pieds qui attendent que les anthropologues les déterre ! Parmi eux, de très belles stèles découvertes lors des sondages. Avant-hier, ils ont ainsi exhumé le corps d'une femme avec des boucles d'oreilles. Une bienfaitrice du prieuré, qui visiblement accueillait des laïcs. Je n'avais jamais remarqué la tombe du "prince des poètes", qui repose sous un rectangle de gazon bien visible, près des vestiges de l'église. C'est émouvant. Dans un genre plus prosaïque, on a aussi appris que le prieuré, quand il n'en fut plus un, a été transformé en un tas de choses. Il a même hébergé un marchand de vin !
Demain, entraînement cycliste avec EPO (énergie, Pierre et ostentation) en prévision de la Loire à vélo. Plus qu'un mois et demi avant le grand défi. Comme tout le monde se moque de moi, il va falloir que j'assure… Je vous laisse, je file au marché aux fleurs maintenant que le tribunal est accessible !

Photos : Tours-sur-Loire, ce matin. A 250 km, l'estuaire (où j'étais le week-end dernier). A 750 km, la source (enfin, les sources…) du Mont-Gerbier-de-Jonc (où j'étais il y a deux ans avec Jérôme). A la guinguette, une toue a été transformée en tables, avec vue sur le fleuve et ses remous.

Des quiz, des bulles et des "cahuètes"

Ce midi, au bureau, avec Pierre-O, on a goûté pour la deuxième fois une bière de Touraine, la Loirette, qu'on se procure chez un excellent petit traiteur de Blanqui, assez branché bio. On grignotait au bureau, rien à voir avec un apéro, qui, pour reprendre une expression de Paul Morand, est "la prière du soir du Français". D'ailleurs, on a parlé boulot. Mais dans l'hypothèse où on aurait pris l'apéro au bureau, ce qui s'est déjà produit lors de l'inauguration de nos locaux (avec du X Noir, d'ailleurs), et qu'on aurait été à court d'idées (ce qui, il faut bien le dire, n'arrive jamais, pipelettes que nous sommes), eh bien nous aurions pu avoir recours à un petit guide édité récemment chez Fleurus (4,95 €). Ça s'appelle (prenez votre souffle) ''70 jeux et des cacahuètes… pour élever le niveau à l'apéro'' Et c'est plutôt rigolo quand on n'a rien à se dire. Il faudrait que je le teste en terrasse du Vieux Mûrier, au hasard des rencontres, des fois qu'elles me réserveraient de bonnes surprises.
En gros, ce sont des jeux, des devinettes et quelques petits tours parfois un brin grivois. Parmi eux, il y en a un qui s'appelle : Je suis bi. Hum, hum… Qu'est-ce que ça signifie ? Rien de compliqué : une orange, par exemple, est un agrume et une marque de téléphonie. Pour prendre un exemple plus local, par exemple, qu'est-ce qui est à la fois un jeune équidé et une marque de chocolat ? Dans un autre genre, qu'est-ce qui peut être à la fois dans votre bouche… et sous vos fesses ? Il vous suffit de retourner votre ordinateur pour lire la bonne réponse. Allez, je vous épargne ça : vous donnez votre langue au chat ? Ben, un canapé, pardi !!! Bref, des jeux à picorer sans modération et sans risque d'attraper la migraine. En parlant de migraine, il y en a un autre dans la collection qui s'appelle : 69 jeux et des brouettes japonaises… pour stimuler son cerveau aussi. Tout un programme.

Photo : Bon, dans les devinettes, j'ai relevé une erreur : la barre chocolatée qui a un rôle important dans la jungle, et que je suppose être un lion. Vous avez déjà vu un lion dans la jungle, vous ? C'est plutôt dans la savane, ou éventuellement au zoo, mais pas dans la jungle, ça non. Et si vous voulez savoir ce que le lion a pu manger pour se lécher ainsi les babines, je vous suggère de prendre contact avec celui qui a pris le risque de le photographier à 25 cm : notre héros tourangeau, Gilles Martin, toujours entier.

Printemps bio, sale météo

Ça pourrait être le dicton du moment. On est en plein Printemps bio, les légumes sont beaux, mais quelle satanée météo ! Hier, on a fini de griller les sardines sous un parapluie. Ça ne ressemble à rien, un barbecue sous un pépin. Mais qui dit pépin, dit raisin, alors on a bu du saumur blanc Secret des Vignes et accompagné le tout avec des pommes de terre nouvelles et du beurre demi-sel.
Si la pluie persiste, on ne va même pas pouvoir siroter du rosé, alors qu'on a désormais la certitude qu'il ne sera pas coupé. Ouf ! On l'a échappé belle, n'empêche. L'Europe s'est ressaisie. Pour contrer la morosité que m'inspire ce ciel gris, je pense aux vacances, dans un bon mois. J'ai pris mes billets de train en Prem's à des prix défiant toute concurrence. Après une escale à Annecy, je file en Toscane dans une maison duplex louée dans un corps de ferme écolo, restauré selon les principes de la bio-architecture. Même la piscine(un "bio-lac") est naturelle. Du coup, je vais retourner à Florence, peut-être à Pise, vérifier que la tour penche vraiment.
Retour en train couchette, puis la Loire à vélo et le Cantal à pied. On n'est pas très loin des vacances écolo. Ça me va bien. A ce propos, je vous recommande le Routard 2009/2010 sur le Tourisme durable. Il n'y a qu'un hébergement signalé dans le Centre (c'est un peu juste), mais cinq en Anjou (dont la Chouannière, testée pour vous sur ce blog il y a quelques semaines) et deux dans la Sarthe. Sans compter les adresses à l'étranger qui font rêver… Sur ce, je vais rêver tant que je suis dans de beaux draps.

La Petite Géante et le Scaphandrier

Je n’avais jamais vu Nantes aussi bondée. Les rues noires de monde, de part et d’autre de la Loire. Même les trams ne circulaient plus dans le centre. La ville entière était mobilisée pour la prestation toujours très attendue de sa compagnie fétiche : Royal de Luxe. Arrivés pile pour la parade, nous avons découvert la Petite Géante dans sa robe couleur jade, avec son faux air de Björk. Grand mannequin de bois articulé incroyablement expressif, fermant les paupières, ouvrant la bouche aux acclamations de la foule paisible qui la saluait. Il y a eu deux temps forts : le moment où ils l’ont hissée sur un vieux remorqueur rouillé (selon Fred, qui s’y connaît en rafiots). Posé sur des vérins, l’esquif tanguait sur son camion. Image étrange que celle d’un bateau traversant un pont de la Loire pour rejoindre le quai de la Fosse, emportant la Petite Géante revêtue d’un ciré jaune et d’un chapeau de pluie. Les spectateurs qui, eux, n’avaient pas de ciré, ont été copieusement arrosés sur les côtés par cet insolite convoi. Deuxième temps fort, les retrouvailles de la Petite Géante avec l’immense Scaphandrier sur la place de la Petite-Hollande, envahie par le public. Il l’a serrée dans ses bras, elle a dansé dans les airs, puis elle s’est assoupie sur ses genoux, bercée par le murmure de ses admirateurs comblés.

Rendez-vous au jardin !

Hier, c’était la Journée mondiale de la Terre. Heureusement que Yann Arthus-Bertrand est là pour nous rappeler combien la planète est belle et combien il serait dommage de continuer à la massacrer. Merci Yann, on avait oublié. Vous avez remarqué, il y a des journées de tout en ce moment. Je n’arrive plus à suivre. Journée de la Terre, fête des Mères, fête des Pères, journée de la Mer dans quelques jours… Le tout, c’est de ne pas tout mélanger. De ne pas offrir une bourriche d’huîtres le jour de la fête des Mères et un bouquet de roses à une huître pour la journée de la Mer. Ça ferait désordre. La fête des Mères, c’est demain. Vous pouvez aussi lui offrir un souvenir, à votre maman. En l’emmenant dans un jardin, par exemple. Les mamans aiment bien les beaux jardins, en principe. Demain, c’est en effet la 7e édition des « Rendez-vous aux jardins », placée sous le thème de « Terre, terrain, territoire ». Dans le Val de Loire, le « Jardin de la France », on est bien placés pour visiter de beaux endroits. Mais c’est justement l’occasion de découvrir des sites moins connus. Parmi ceux que le ministère de la Culture a mis en avant, j’ai noté :
Le jardin d’Elsie, à Chinon Rosiers lianes, grimpants, anciens, modernes, côtoient un millier de plantes vivaces, arbustes et arbres rares (aucun traitement). Collections d’iris, d’hémérocalles et d’asters. Visite guidée par la propriétaire. Dimanche, de 11h à 16h. Payant. 02 47 98 07 58. www.elsiederaedt.com
Potager et parc du château de Challain-la-Potherie (Maine-et-Loire) Carrés de légumes, plus de 180 variétés de pommiers et poiriers, arrosage écologique solaire. Samedi et dimanche. Rens. : 06 80 26 33 12. http://potagerchateauchallain.free-h.net.
Conservatoire de la fraise, château du Moulin, à Lassay-sur-Croisne (Loir-et-Cher) Samedi, de 14 h à 18 h 30, et dimanche, de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 18 h 30. Payant. Tél. : 02 54 83 83 51.
Le jardin de Boulas, à Cerelles (Indre-et-Loire) Plus de 1 500 variétés de végétaux : arbres, arbustes, rosiers, vivaces et graminées. Deux pièces d’eau aménagées. Samedi, jusqu’à 20 h, et dimanche, de 10 h à 12 h. Payant. Tél. : 02 47 55 12 80.
Photo : Comme chaque année, on n’oubliera pas non plus le Week-end des jardiniers, au château du Lude, avec sa vue superbe sur le Loir.

Les pouces dans les bretelles

Je m'attarde rarement sur les débats politiques, qui au mieux m'ennuient, au pire m'exaspèrent. Ce soir, en dînant devant le débat sur les européennes, j'ai ri, ce qui est plus rare. Entre les noms d'oiseaux lancés par Cohn-Bendit à Bayrou (lequel vouvoie le premier, qui le tutoie et lui dit "mon pote" !), Mélenchon qui invectivait Arlette Chabot, transformée en instit' de plateau télé, laquelle lui reprochait de "l'engueuler", franchement, j'ai ri. C'était entre le catch verbal et la cour d'école. Même en classe, je ne me souviens pas avoir vécu un tel brouhaha. Pauvre Arlette. Malgré son air aussi revêche que malaimable, j'avais presque envie de lui donner un doudou, à Arlette. Et que j'te lance un Martine par-ci, un menteur par-là… Je me demande comment tout Français normalement constitué peut accorder un peu de crédit à ce troupeau indiscipliné. Passons, je ne suis pas analyste politique. Chacun son truc ! Mais j'ai bien aimé l'expression du flegmatique professeur Bayrou : "les pouces dans les bretelles". C'est imagé. Et j'aime bien, moi, avoir les pouces dans les bretelles, bien que je n'en porte plus depuis l'âge de 17 ans (ce fut à la mode, à cette époque, pour les jeunes lecteurs qui me donneraient 90 ans).
Hier, dans le grand jardin de Sophie, sûr qu'on aurait eu les pouces dans les bretelles si on en avait porté, tranquilles qu'on était devant notre petit verre de pineau d'Aunis rosé, avec les asperges et les fraises de Richelieu que j'avais achetées le matin même au marché, des tartines de tapenade de Nyons, son sainte-maure, sa salade du jardin et le reste de cake chocolat-noisette que ma belle-soeur m'avait confié. Tout ça après un soin du visage… OK, c'est pas un scoop, mais il y a vraiment des jours plus doux que les autres. Et c'est pas les hommes politiques qui vont nous enlever ça.
Tiens, c'est bientôt la fin du débat, je tends l'oreille, et voilà qu'Arlette nous parle de rosé, justement, comme "produit symbolique de l'Europe". A croire qu'elle m'a entendue et qu'elle me remercie à distance (pour le doudou). Martine a dit qu'elle voulait un vin de qualité. Olivier a dit qu'il offrirait bien "un p'tit verre pour détendre l'atmosphère". Le professeur François, rabat-joie de service, a dit : "Ce n'est pas un enjeu crucial, le savoir est plus important". Xavier a dit, "le rosé, ce n'est pas du rouge avec du blanc". Un consensus autour du vin ? Dingue. Ça vaut bien un coup de X Noir.

Wii, j'ai mon Mii !

Pierre ? Pierre ! Réveille-toi ! Tu ronfles… C'est pas moi qui le dis, c'est la Wii Fit. Elle trouve que tu ne fais pas beaucoup d'exercice physique. C'est bien beau de manger de la géline et de boire du vouvray, mais ça ne muscle pas son homme ! Vise un peu mon corps athlétique, mon IMC idéal (comprenez "indice de masse corporelle"), mon équilibre quasi parfait sur le Wii Balance Board, cette espèce de balance posée au sol sur laquelle on est censé s'agiter. Quoi ? C'est pas moi qui le dis, c'est la Wii ! J'ai à peine commencé les exercices de muscu que j'ai déjà les chevilles qui gonflent. Faustine s'improvise coach pour mon initiation au sport virtuel. Pour ceux qui ne connaissent pas la Wii Fit, c'est un jeu vidéo de Nintendo pas nouveau (il a un peu plus d'un an) pour maintenir en forme les sportives du dimanche. Et c'est vachement marrant, parce qu'on crée son personnage et les autres protagonistes (amis, famille, plus ou moins ressemblants) vous accompagnent, vous encouragent.
D'abord, on fait le bilan de sa condition physique : IMC donc, centre de gravité, âge Wii Fit en fonction des tests d'équilibre de départ. Là, je fais moins la fière. Faustine m'avait préparée au choc, mais quand même : j'ai 55 ans pour la Wii Fit, qui me rassure en affirmant que je rajeunirai très vite si je suis assidue aux exercices. Alors j'en ai fait, des exercices : du step (gros problèmes psycho-moteurs : j'ai réussi à tomber de la Wii Balance Board), des reprises de la tête avec des ballons de foot (je me suis pris pas mal de chaussures et de pandas sur la tronche, mais je m'en sors pas mal), du hula hoop, des jeux de billes, du funambulisme (bof, bof… une chute grave entre deux buildings de Manhattan), une posture de yoga (là, le taï chi m'a bien aidée). Mais c'est au saut nordique que j'excelle ; on voit que je suis allée voir la piste des prochains Jeux olympiques d'hiver, à Whistler ! Non, vraiment, je suis séduite. Ça m'a rappelé les combats de Tekken 2 qu'on faisait avec Aurélie sur la Playstation, quand on était jeunes, en plus physique, quand même. Ben oui, mes courbatures, elles, ne sont pas virtuelles.

Photo : Vous me reconnaissez ? C'est mon Mii. C'est-à-dire moi telle que j'apparais sur la Wii Fit. C'est Faustine qui m'a fabriquée et c'est assez ressemblant, en dehors de la robe (la dernière que j'ai portée remonte à ma communion). Il manque quand même un détail, et pas des moindres : la valise à roulettes avec une bouteille de X Noir, qui dépasse.

Symphonie mécanique

C'est le 1er juin et me voilà de retour dans mes murs tourangeaux. Ça fait du bien d'échapper au tumulte francilien, même si hier, il y avait bien du monde dans les rues du Vieux Tours et une sacrée teuf dans l'appartement d'en face ! On sent que les étudiants se lâchent et que les bulles coulent à flot après les examens ! Dans le cadre du festival Excentrique (à ne pas confondre avec l'expo d'Ackerman, qui se déroulera du 13 juin au 30 septembre !), l’Université François Rabelais et Béton Production (la radio alternative locale) ont eu l’audace de proposer à François Delarozière, Mino Malan et Didier Gallot Lavallée de passer une année en résidence à la fac de Tours pour concevoir, puis construire des machines sonores. Le spectacle qui en est ressorti, présenté hier soir place de la Résistance, s'appelle Musica ex machina et l'on sent bien la filiation avec Les Machines de l'Ile, à Nantes, dont je vous parlais la semaine dernière, et avec Royal de Luxe, dont je vous reparlerai le week-end prochain. Les Angevins devraient aussi pouvoir profiter de cette symphonie mécanique les 10 et 11 juillet, à l'abbaye de Fontevraud. Quant aux prochaines festivités d'Excentrique, en Touraine, elles se dérouleront dans un jardin de Montlouis, du 16 au 19 juin. Et pour les sportifs, notez d'ores et déjà que le week-end prochain, le fleuve royal fera honneur à la petite reine, avec un Village vélo à Tours et la 10e Fête du vélo en Anjou, entre Angers et Saumur. Bon, je file, j'ai une géline qui m'attend à Tours Nord… !

Photo : Vélo, jardin, quinzaine bio, apéros… au mois de juin, les festivités sont nombreuses entre Angers, Tours et Le Mans. Soyez vigilants !