Par Margaux,
samedi 30 mai 2009 à 17:13 : Escapades


J'ai joué la touriste hier, à Paris. Déjeuner chez Miki, mon japonais du moment, passage au Citadium, un concept-store qui fusionne la mode et le sport, à Haussmann, pour acheter un cadeau d'anniversaire branchouille à Tanguy. J'ai investi dans un nouveau maillot de bain et, ironie du sort, je l'ai essayé dans une cabine qui s'est avérée être une vraie cabine de douche, avec la pomme de douche, le mélangeur, le carrelage, tout ça, tout ça. Il faut être à Paris pour voir des choses pareilles. Pour ne pas être tentée par autant de futilités, j'ai pris la tangente jusqu'à la Cité de l'Architecture pour voir l'exposition Habiter écologique. Un peu technique et dense (beaucoup à lire, quelques maquettes), mais fort intéressante pour comprendre l'évolution de l'habitat alternatif, bioclimatique ou passif. Bien au-delà de l'architecture, cette expo apporte une vraie réflexion sur ce que seront nos maisons de demain, à l'aune des grands enjeux environnementaux du moment. Dans l'un des nombreux témoignages présentés, Serge Latouche, "objecteur de croissance", invite à une une "décroissance conviviale" et à une "sobriété choisie". Parce qu'elle s'appuie sur des exemples concrets et des projets prometteurs, c'est une expo réjouissante et optimiste, même si tout reste à faire. Parmi les réalisations présentées, deux figurent dans le Val de Loire : la maison "domotique" de Chambray-lès-Tours, pionnière construite en 1990, et la résidence pour jeunes travailleurs Théophile-Leroux, à Ancenis, construite l'an passé avec des parements de toutes les couleurs. Plus que d'habitat, on a envie de parler de lieux de vie. Comme l'a déclaré Churchill, "la société conditionne l'architecture, qui à son tour conditionne la société". CQFD.
Photos : La Tour Eiffel de Paris vue de la Cité de l'Architecture, au Moyen Age ! La cuisine microscopique du restautant Miki, rue de Louvois… et les plats qui en sortent, bien à l'abri dans leur bento. Hum… Savoureux.
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Par Margaux,
vendredi 29 mai 2009 à 11:10 : Esprit Val de Loire
Une fois n’est pas coutume, je laisse aujourd’hui la parole à Sophie, qui, de retour de Chypre, m’a relaté une rencontre inattendue, à Paphos, avec George Kassianos, président de l’Association des sommeliers. Grande dégustatrice de vins ligériens devant l’éternel, Sophie a pu apprécier la qualité des vins issus de cette partie orientale de l’Europe. Ce sont les vins produits avec les cépages autochotones qui l’ont le plus séduite, en particulier le Xynistéri qui offre des blancs très aromatiques, avec des nuances d’abricot et de fleur d’oranger, d’une grande finesse : un bonheur, dit-elle, avec les saveurs locales.
Il y a aussi le commandaria, dont l’histoire remonte à 1191. Selon la légende, les templiers auraient demandé aux villageois de leur servir un vin moelleux et de le faire parvenir à leur grande commanderie. Le vin est servi lors du mariage de Richard Cœur de Lion avec Bérengère de Navarre, à Limassol, en mai 1191. Le Richard en question, qui repose à Fontevraud aux côtés de ses parents (Aliénor d’Aquitaine et Henri II Plantagenêt, comte d’Anjou et roi d’Angleterre), se serait exprimé en ces termes en buvant ces gouttes d’or : « Wine for king and king of wine ». Et il savait de quoi il parlait, avec des parents qui avaient développé les moelleux du Layon à la cour d’Angleterre !
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Par Margaux,
jeudi 28 mai 2009 à 15:23 : Du vert !
Après la canicule de lundi, voilà que je grelotte, à Paris. Hier soir, j'ai dîné chez Jérôme, qui, tout en buvant du vouvray demi-sec, m'a appris un truc bien pratique pour savoir de quel type d'élevage les œufs qu'on achète sont issus. Regardez bien le numéro qui figure sur la coquille. A la fin de ce code, qui désigne le producteur, figure un chiffre de 0 à 3, lequel correspond au mode d'élevage : si c'est un 0, la poule qui l'a pondu provient d'un élevage biologique ; si c'est un 1, d'un élevage en plein air, si c'est un 2, d'un élevage au sol, et si c'est un 3, d'un élevage en cage. Il suffit de regarder sur la boîte, vous allez me dire. Peut-être, mais quid des œufs que vous achetez en vrac, comme moi ? Dès que je reviens en Touraine, je vais m'empresser de voir comment mon vendeur du marché élève ses cocottes. Et si c'est en cage, autant vous dire que ça va caqueter dans les chaumières ! Bon, je vous laisse, je dois interviewer Yann Arthus-Bertrand (YAB pour les intimes), qui m'a déjà posé un lièvre hier. Il sort son premier long-mérage, Home, la semaine prochaine. S'il me fait encore faux bond, je lui vole dans les plumes ! Cot !
Photo : Mon jardin parisien d'emprunt vu du ciel. OK, ce n'est ni Valmer, ni Villandry, mais gare à la concurrence : YAB a du souci à se faire !
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Par Margaux,
mardi 26 mai 2009 à 16:24 : Bonnes bouilles
Aux petits enfants que je n'aurai jamais, je pourrai dire, un jour, que j'y étais, à la 300e Black Session de Lenoir, avec Dominique A, dans le studio 105 de cette grande bâtisse ronde qu'est la Maison de la Radio. Une fois n'est pas coutume, je dois avouer que j'ai un peu forcé le destin pour bénéficier de ce privilège.
Il a surgi derrière le rideau de la scène, colosse paisible au crâne rasé, tout de noir vêtu, irradiant la salle de son charisme rock and roll. Quelques morceaux plus tard, deux musiciens l'ont rejoint. Ils ont notamment joué un de ses titres mythiques, Le Courage des oiseaux, pour lequel je lui ai dédié mon dernier ouvrage sur la question. Je lui ai fait parvenir, et apparemment, ça l'a touché, m'a-t-on dit. En bonne midinette que je suis, j'espère qu'il va m'écrire…
En sortant de la Maison de la Radio, l'orage déchirait le ciel parisien, déversant des arrosoirs d'eau sur les spectateurs encore envoûtés. Mon pass Navigo en poche depuis quelques heures, j'ai quand même sauté dans un taxi comme une star cannoise (lunettes de soleil en moins) pour regagner mon studio provisoire. Retrouvant bon an mal an quelques réflexes de ma vie parisienne d'antan, je me suis demandé si je serais capable de refaire mon trou dans cette capitale vibrionnante. "En attendant plus tard, occupe-toi des prochaines secondes", chante Dominique A dans La Fin d'un monde. OK, pour l'heure, je tente de faire mienne cette maxime dominicaine.
Photo : Le grand Dominique A, hier soir, à la 300e Black Session de Lenoir, à Paris.
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Par Margaux,
dimanche 24 mai 2009 à 18:48 : Esprit Val de Loire
Nantes est déjà loin derrière moi. Sage dans le Corail omnibus qui nous mène à Paris (on arrive à la gare de La Loupe), ma fidèle valise à roulettes emporte avec elle une bouteille de Pur Raisin (ce soir, je trinque avec une amie enceinte, alors je m’adapte !) et des crevettes fraîches. Je reviendrai dans quinze jours à Nantes pour un événement de taille : une nouvelle création de la troupe Royal de Luxe (les 5, 6 et 7 juin), qui marquera le début des festivités d’Estuaire 2009 (jusqu’au 16 août). Il y sera question d’une géante qui sombra dans le Titanic…
J’étais déjà allée à la première édition, il y a deux ans, où l’on avait découvert en famille l’éléphant géant sorti frais émoulu de la nef des Machines de l’Ile, sur le site des anciens chantiers navals. Redevenus enfants, nous avions même fait un tour sur ce pachyderme de 12 mètres de haut et de 40 tonnes d’acier et de bois.
Une partie des œuvres d’art contemporain disséminées le long de l’estuaire de la Loire en 2007 seront encore visibles cet été, en croisière : le voilier d’Erwin Wurm, plié sur l’écluse du canal de la Martinière, le jet d’eau de 20 m de Jepp Hein, à Couëron… En attendant cette belle mise en scène, cap vers la Seine !
Photo : L’éléphant des Machines de l’Ile, à Nantes, créé par François Delarozière et Pierre Orefice, acolytes de la troupe Royal de Luxe, qui sera dans 15 jours sur le devant de la scène… enfin, de la Loire, plutôt.
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Par Margaux,
samedi 23 mai 2009 à 16:30 : Sur vos tablettes
C’est demain que s’achève la « Quinzaine du commerce équitable ». Il vous reste donc quelques heures pour faire honneur à ces produits qui arnaquent un peu moins que les autres les petits producteurs des pays dits en voie de développement. Solidarité, équité, convivialité : on nous rebat les oreilles de ces grandes valeurs dans un monde où les inégalités n’ont probablement jamais été aussi fortes. Tenez, au cas où on manquerait d’initiatives, on nous bassine avec la Fête des voisins (c’est mardi, notez-le bien sur votre agenda !). Son créateur va même plus loin avec le programme Voisins solidaires, qui se veut le « Facebook des immeubles ».
Personnellement, je trouve tout cela très séduisant, mais ça dépend quand même des voisins, non ?
Quand je vivais à Saint-Ouen, j’étais entourée de vieux grincheux revêches et commères, qui accusaient inévitablement les nouveaux venus de déménager leurs meubles… en pleine nuit. On va dire : « Ah oui, c’est la région parisienne… ».
Quand je vivais dans mon hameau de Touraine – cinq maisons à tout casser – on ne parlait et on ne buvait des bulles qu’avec les voisins d’en face, lesquels étaient fâchés avec celui d’à côté, et nous avec la voisine mitoyenne, qui nous avait vendu sa baraque avec un vice caché de mauvaise foi… Vous imaginez l’ambiance à la Fête des voisins !
Mardi, je serai à Paname, dans un studio que je ne connais pas encore. Si ça se trouve, ce sera ma « Fête des voisins » du siècle, qui sait ? Le moment de sortir le X Noir pour épater les Parisiens !
Photos : De l’art de vivre en bonne intelligence… (merci à Laurent pour être à l’affût de panneaux insolites).
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Par Margaux,
vendredi 22 mai 2009 à 13:18 : Escapades
Ce matin, grasse matinée et atelier crème solaire. Je suis censée travailler, mais je vais à mon rythme. Sur la côte de Jade, les minutes s’écoulent différemment. Il faut prendre le temps de cuire les boucauds (crevettes grises) achetés bien frais au marché et de faire un sort au merlu dans le court-bouillon, pendant que le muscadet (sur lie, lui aussi) attend son heure dans le réfrigérateur.
Mon nerf « chiatique » conserve les stigmates du jardinage d’hier. Il va pourtant falloir s’y remettre en fin d’après-midi : planter les vivaces qui fleuriront les parterres de la maison familiale, cet été. Et dire qu’avant il y avait des vignes, tout autour… Ce sont les oiseaux qui font la tronche. Mésange, rougegorge, verdier, pinson, pouillot…, toutes les espèces défilent et aboient sur mon chat, pourtant parfaitement inoffensif sur « son » transat. Depuis qu’il a quitté sa campagne, il a carrément perdu la patte pour attraper le moindre objet volant, identifié ou pas. Le coucou aussi s’en donne à cœur joie. A moins d’un mètre du sol, il y a toute une tripotée de petites mésanges charbonnières qui pépient dans le trou d’un vieux pommier, à deux pas de mon QG. Bref, une ambiance sonore qui change un peu des martinets grinçants du Vieux Tours ! Ce soir, c’est cochon grillé/mogettes dans le bourg. Personnellement, je vais plutôt opter pour la crêperie et les bulles bretonnes…
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Par Margaux,
mercredi 20 mai 2009 à 16:35 : Bonnes bouilles

Je sais que l'équipe de foot de Tours est en passe de monter en Ligue 1 (même si Patrice n'y croit guère…). Matthieu m'a bien expliqué les enjeux. Mais plutôt que d'aller au stade (pour ne pas mourir bête), j'ai préféré accompagner Sophie et sa clique à un
match d'improvisation théâtrale, hier soir, à L'Escale de Saint-Cyr-sur-Loire. On a d'abord bu du bon vouvray sur sa terrasse, dans le jardin, avec plein de bonnes choses à grignoter, et comme ma foi on était bien là, au soleil déclinant, on est arrivés un peu juste dans la salle, relégués dans un coin, près des musiciens. A l'affiche, c'était la Touraine contre le Québec. J'avais déjà vu, et adoré, un match de ce genre à Paris, au Cirque d'Hiver, il y a plus de quinze ans. Mais je n'avais pas perdu la main pour jeter ma savate à bon escient sur un arbitre tatillon ! Ne vous avisez pas de faire pareil au stade, mais là, c'est autorisé, voire encouragé. On nous fournit les savates à l'entrée, avec un carton à brandir à chaque match pour se prononcer sur le gagnant. Cette fois, c'est le Québec qui a battu la Touraine 8 contre 7. Un score serré s'il en est. Comme dans tout sport, il existe des règles strictes, et je me suis demandé s'il y avait des sponsors. Suivez mon regard… Bon, j'imagine que la loi Evin (quel nom quand même !) interdit à une marque d'alcool comme Ackerman de sponsoriser une équipe ou une discipline sportive. Mais on pourrait peut-être imaginer un sponsor Pur Raisin, plein de bulles, mais zéro alcool ? Parce qu'autant vous dire que le vin est bien présent dans les scènes improvisées dans l'arène. L'ivresse fut même de mise, dans certaines situations, assez désopilantes. Ça c'est du sport comme j'aime, qui muscle mes zygomatiques un peu ramollis, ces temps-ci…
Photos : L'équipe de Touraine contre l'équipe québécoise d'improvisation théâtrale en train de s'affronter, hier soir, à Saint-Cyr-sur-Loire (merci à Fabrice Bodin pour les photos volées sur son portable ! ;).
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Par Margaux,
lundi 18 mai 2009 à 23:01 : Esprit Val de Loire
Mercredi, c'est jour de guinguette à "Tours-sur-Loire". Dommage, je file à la mer, au pays du muscadet. Quand la guinguette s'installe au bord du fleuve, au pied du pont Wilson, c'est aussi un peu l'été qui prend ses quartiers dans la capitale des châteaux de la Loire. On s'y retrouve après le boulot, pour l'apéro, le soir, pour des concerts ou des jeux. Le dimanche, c'est jour de bal. Autant de réjouissances qui se déroulent jusqu'au 20 septembre. En parlant de 20, il y a un autre événement de taille, cette semaine, à Tours. C'est « Vitiloire », le week-end prochain : vouvray, chinon, saumur champigny, coteau du loir, jasnière, sancerre… les 68 appellations ligériennes seront à l'honneur en plein coeur du centre ville, où 110 vignerons vous proposeront de goûter les meilleures cuvées. Vous payez 5 euros votre verre et à vous les dégustations ! Parmi les nombreuses animations proposées (expositions, déambulation, film en plein air sur les vignerons…), la randonnée "Vignes en ville" (8 km) vous entraînera dimanche matin dans le vignoble officiel de Tours, le clos Rougemont. Un atelier vous permettra de découvrir quel vin de Loire vous êtes ! Les paris sont ouverts… Le perdant n'aura qu'à payer sa tournée à la guinguette, justement, où les toues et les gabarres seront de sortie en journée pour vous proposer une balade au fil de l'eau. Et pour ceux qui viendraient de loin, un séjour sur mesure, "De bouche à oreille" a été concocté spécialement pour Vitiloire. Il n'y a que dix places… Je vous aurai prévenus. 
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Par Margaux,
samedi 16 mai 2009 à 15:46 : Déco & co
Elément majeur du plancton marin, la diatomée est une algue unicellulaire entourée d’une coque siliceuse bivalve finement ornementée. Elle peut vivre isolée ou en colonie, être libre ou fixée. Forts de ce constat, les jeunes artistes du collectif Média Tomé (30 ans les bras levés) ont investi une friche industrielle de Saint-Pierre-des-Coprs, qu'ils ont aménagée en trois ateliers personnels. Je suis allée jeudi soir à l'inauguration de ce lieu et leur démarche m'a beaucoup touchée. Issus de l'école des Beaux-Arts de Tours, ces artistes prometteurs ouvrent ce lieu aux visiteurs ce week-end, de 14 h à 18 h (voir le plan d'accès et leur présentation sur leur site). Premier espace, celui de Marie Thouin, qui nous accueille d'entrée avec son oeuvre “Mes boîtes”, empilement de valises et autres contenants pleins, "qui ne laissent pas d'autres choix que la frustration de ne pas savoir". Dans une petite pièce à part, sorte de sanctuaire marqué par son voyage en Inde (“Oublions Bénarès”), on peut fouiner dans ses étagères, où sont disposées ses babioles sacralisées, des photos de famille, un guide Delachaux sur les diatomées (!) et ses fascinants carnets de voyages.
Difficile de décrire l'oeuvre de Marion Franzini, où domine une forme ovoïde qu'elle appelle "son monstre". Ses tableaux abstraits sont à la fois légers et profonds, mêlant différentes techniques : collages, feutre gouache, acrylique, huile, pochoir…
Au fond de l'atelier, on arrive dans l'antre de Nicolas Aulagnier, qui travaille sur l'illusion de la peinture : à partir d'un travail informatique singulier, il compose des tableaux assemblant de multiples petites toiles. L'une de ses oeuvres (Les 400) est d'ailleurs modulable.
Mais comme je ne suis pas critique d'art et qu'on ne peut juger une oeuvre que par soi-même, je vous invite vivement à aller voir sur place.
Le talent n'attend pas !
Photo : Les "boîtes" de Marie Thouin, un travail sur la mémoire et le voyage. Ses étagères, où l'on fouiner impudiquement.
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Par Margaux,
jeudi 14 mai 2009 à 16:02 : Un peu de bouteille !
J'ai changé de banquier, ce matin. Ça nous fait une belle jambe, vous allez me dire, et je vous comprends. Mais si je vous dis que j'ai découvert depuis comment faire fructifier mon argent sans passer par la case bancaire (et en restant dans la légalité, bien sûr), vous allez déjà être plus attentifs, sans vouloir être vénale… Figurez-vous qu'il existe un placement sûr bien mieux que le livret A, dont le taux fond comme neige au soleil : ce sont les vaches. On peut investir, oui mesdames et messieurs, dans les vaches, et les louer à des éleveurs qui font le boulot (tant mieux d'ailleurs, parce que je ne me vois pas la balader sur les bords de Loire, ma vache, et la traire assise sur un banc public). Il faut compter 1 250 euros la bête (bien plus qu'une action Eurostar qui, si je ne m'abuse, a atteint bon an mal an le prix d'une bouteille de X Noir) et ça rapporterait 4 à 5 % par an (et 850 000 litres de lait). Une assurance pie, en quelque sorte. Si vous avez les moyens de vous payer 20 têtes, vous gagnez une vache à veller en plus par an, à réinvestir ou à allonger sur votre canapé Ikea, au choix (comme dans L'Age d'or, de Buñuel !). On compte 1 200 investisseurs privés de ce type, en France et ce placement, si vous voulez en parler à votre banquier, s'appelle un bail à cheptel. Moi, je vais ouvrir une agence LCL nouvelle génération : Location de Cheptel Lucratif. Votre courtier bien aimé.
Photo : En promo, le livret A, pour vache Aubrac, toute maquillée et toute jolie : une valeur sûre dans l'assurance pie.
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Par Margaux,
mercredi 13 mai 2009 à 23:18 : Sur vos tablettes
Mon premier est une boisson alcoolisée pour laquelle la France excelle. Mon second est l'un des plus longs fleuves d'Europe (il se jette dans l'Atlantique, mais ce n'est pas la Loire). Mon tout est un rendez-vous gastronomique qui se déroulera dimanche prochain, dans le caveau Ackerman. Bon, vous avez trouvé ma charade à deux balles ? La réponse est VinTage, nom donné à cette manifestation, parce que l’anglicisme “vintage” évoque un millésime, mais aussi parce qu’il s’agit d’un concept tendance dans l’univers de la mode depuis les années 1990 : une vogue visant à remettre au goût du jour des vêtements et objets anciens de grands couturiers ou designers.
Comme dans la haute couture, les œnologues et les grands chefs français incarnent une viticulture et une gastronomie de tradition, lesquelles ont su évoluer avec leur temps pour séduire de nouveaux consommateurs. Issu d’un des plus vieux cépages de Loire, le pineau d’Aunis, X Noir constitue un bel exemple, avec son packaging très « hype ». De la même manière, certains chefs impulsent un nouveau souffle à la cuisine française en reprenant des recettes traditionnelles auxquelles ils amènent une touche de créativité. Laurent Klisz, le chef du Prieuré, une des meilleures tables de la région, à Chênehutte-les-Tuffea
ux, est de ceux-là, et vous fera découvrir durant ce dimanche haut en couleurs d'inventives saveurs… Il s'est d'ailleurs illustré lors de nombreux concours, parmi lesquels celui de l’Académie nationale de cuisine, qui a récompensé sa créativité en 2007. Gageons que les fines bulles de Loire accompagneront à merveille ces mets prometteurs :
Opéra de chocolat et fruits rouges avec une bille de X Noir… et du X Noir !
Sandre à la réglisse avec des raisins poêlés au saumur-champigny Secret des Vignes
Opéra de foie gras mi-cuit au pain d’épices et nougat avec la nouvelle cuvée crémant de Loire Blanc de Noir.
En général, dans les troglos du Saumurois, on mange des fouaces ! Enfilez vos habits du dimanche et troquez les traditionnelles galettes de pain plates pour quelques douceurs bien arrosées : Rabelais ne vous en voudra pas !
Vintage 2009. Dimanche 17 mai, 10h-13h / 14h-18h. Entrée : 2 euros. Contact : Julien Goudeau. Tél. : 02.41.53.03.21.
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Par Margaux,
mardi 12 mai 2009 à 16:58 : Sur vos tablettes
Si Paris vaut bien une messe, la nature vaut bien une fête. Papillons, arbres, oiseaux, batraciens… ils seront tous sur leur 31 le week-end prochain, pour la Fête de la nature. Plus de 1 500 animations sont proposées gratuitement partout en France, dont une vingtaine en Anjou : découverte des traces d'animaux sur l'île de Saint-Aubin, des insectes à Angers, observation de la faune de la Maine, à La Pointe, à bord d'un canoë, et démonstrations par des pêcheurs professionnels, ornithologie autour du joli village ligérien du Thoureil.
Cette année, les organisateurs souhaitent aussi voir participer les particuliers, nombreux à entretenir un coin de nature dans leur propriété ou dans leur simple jardin. Autrement dit, que vous ayez une bonne nature, une petite nature ou une nature sauvage, partagez-la. Et si c'est une nature renfermée, c'est le moment de vous faire violence !
Photos : L'Aubrac, une nature comme je l'aime (© Paul-André Coumes). La huppe fasciée, un superbe oiseau migrateur qu'on rencontre assez facilement dans les vignes du Val de Loire. Hein Sophie ? C'est ce volatile que tu as vu décoller dans le vignoble sarthois, l'autre fois (© Thierry Vezon).

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Par Margaux,
dimanche 10 mai 2009 à 22:52 : Escapades
Il y avait du beau monde, samedi, à Sainte-Sévère. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce village mythique de l'Indre, ce fut le lieu de tournage de Jour de fête, premier long métrage de Jacques Tati. Après s'être réfugié dans cette bourgade pendant la guerre, le réalisateur y revint durant l'été 1947, mobilisant tous les villageois pour le tournage de ce qui allait aussi être le premier film en couleurs du cinéma français. Ce n'est toutefois qu'en 1995 que sa fille parvint à développer la pellicule couleur, restée muette pour des raisons techniques… En gestation depuis plus de deux ans, la Scénovision qui rend hommage à ce film était inaugurée samedi avec les huiles locales et Jérôme Deschamps, qui gère les droits des films de Tati et veille à la mémoire de son oeuvre immense. Sur la place du marché, qui a peu changé depuis 1949 (date de la première projection du film), une machine diabolique digne de Royal de Luxe fabriquait des bulles avec fracas. Enfants, badauds… il régnait une grande effervescence devant la Maison de Jour de fête, que j'ai visitée avec émotion. Le bureau du facteur François y a été fidèlement reconstitué, tout comme la tente de cinéma itinérant et le café Bondu, où l'on nous livre les coulisses du tournage. Moi qui connais bien l'oeuvre de Tati, j'ai appris des choses et pris beaucoup de plaisir dans ce lieu magique. Avec ou sans bulles, faites un détour par Sainte-Sévère, "centre géométrique de la bonne humeur".
Photos : Le facteur François, ressuscité, dans La Poste de la Maison de Jour de fête. Jérôme Deschamps (au centre) et les édiles, samedi, à Sainte-Sévère (Indre) ; remarquez le gag visuel digne de Tati sur la droite, avec cet élu qui semble coiffé d'une volumineuse casquette, laquelle est portée par un musicien de la fanfare.
Le studio recréé dans le parcours Scénovision, avec le décor du café Bondu.
Mécanibulles, un spectacle de rue tonitruant, qui a fait le bonheur des petits et des grands, avec cette machine à fabriquer des bulles… à rendre jalouse une bouteille de X Noir !
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Par Margaux,
jeudi 07 mai 2009 à 23:20 : Un peu de bouteille !
Cette nuit, je suis rentrée chez moi à près de 2 heures du matin (oh, c'est pas bien !). En plein centre de Tours, une chouette hulotte hululait à tue-tête, outrée par tant de silence. C'était chose courante dans ma campagne, mais en pleine ville, ça ne m'était encore jamais arrivé. Aucun frisson, pas comme dans les films. J'adore entendre ce cri nocturne, pénétrant, surtout avec la pleine lune du moment. Dans les rues assoupies, une chaleur m'enveloppait, émanant du sol et des murs qui semblaient la troquer contre la fraîcheur de la nuit. Le hululement, ça m'a rappelé les ouh-ouh repris en coeur par le public au concert de La Grande Sophie, sur La Valse des adieux, entonnée à la fin du concert. Avec une telle force qu'elle a fini par revenir alors qu'une partie des spectateurs avait déjà mis les bouts. Là, pour le coup, ça m'a donné des frissons. Je me suis rapprochée de la scène, à quelques mètres de la chanteuse et de sa grâce féline, longs cheveux bruns souples, jolie robe noire sans manche, et beaucoup de chien. Le genre de quarantenaire rock'n'roll avec qui je discuterais bien le bout d'gras en me grisant avec du pétillant. Du blanc de noir, ça lui irait bien, tiens ! Noir comme sa tenue, ses cheveux, blanc comme son sourire lumineux. Allez, tchin ma Grande !
Photo : Blanc sur noir ou noir sur blanc ? Qu'importe : pas à pas, tout fout l'camp !
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Par Margaux,
mardi 05 mai 2009 à 14:46 : Esprit Val de Loire
Entre le Pur Raisin, un pétillant sans alcool, et le lancement d'"Entrez dans la cour des grands", il fait bon être un enfant au mois de mai, dans le Val de Loire tourangeau et angevin ! Lancée en 2008 par les comités départementaux du tourisme de l’Anjou et de la Touraine, cette opération associe cette année 31 sites partenaires (châteaux, musées, bateaux…), qui proposent des visites adaptées à la curiosité et à l’énergie des bambins, avec des outils d’interprétation (livret de découverte, signalétique adaptée…).
Parmi les sites partenaires en Anjou, Camifolia, un jardin de plantes médicinales qui présente 450 espèces sur 4 hectares, à travers une scénographie ludique et interactive, le Musée de la Vigne et du Vin d'Anjou, la Maison de Loire, le château de Montsoreau, la ville de Saumur, le fabuleux Parc oriental de Maulévrier et bien d'autres encore, listés sur le site dédié.
Pour ma part, à défaut d'être dans la cour des grands, je vais voir La Grande Sophie au Mans, demain soir. A priori, il reste des places et c'est pas cher : 10 euros !
Photo : Le château de Gizeux, en Touraine angevine, fait partie des sites partenaires d'Entrez dans la cour des grands. Méconnu, il a été mis en lumière il y a un an dans l'émission Des Racines et des ailes consacrée au Val de Loire.
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Par Margaux,
dimanche 03 mai 2009 à 21:54 : Escapades
Dans le métro, j’ai encore choisi la mauvaise voiture. Celle où s’installe LE musicien à qui on a envie de donner une pièce pour qu’il cesse de jouer. C’est un peu cruel, mais les standards massacrés à la guitare et à la boîte à rythme préprogrammée, c’est l’enfer pour les oreilles, même les moins musicales. Rien à voir avec les refrains repris par les musicos de la troupe Deschamps et Makeïeff, hier soir, au théâtre de Chaillot. Il y a toujours de la musique dans leurs pièces, mais là, c’est le sujet même du spectacle Salle des fêtes : « une soirée prestige », annonce fièrement de sa voix suave Lorella Cravotta, directrice tyrannique du Macumba, un dancing improbable. Sur la scène en lino, les reprises désopilantes des Rita Mitsouko, de Nirvana, de Dave ou de Sheila font mouche avec trois bouts de ficelle, grâce à la puissance comique des sept comédiens. C’est burlesque à souhait, comme d’habitude, bruyant et cruel, mais j’ai connu des histoires plus inspirées dans l’œuvre de Deschamps et Makeïeff.
De même, la reconstitution grandeur nature de la Villa Arpel (la fameuse maison moderne du film Mon oncle), au 104, m’a laissée quelque peu de marbre. Les amateurs de Jacques Tati se précipiteront plus volontiers à l’exposition ''Deux temps, trois mouvements'' de la Cinémathèque française.
Photos (merci MJ et Laurent, à la technique !) : La Villa Arpel, décor du film Mon oncle (1958), remontée grandeur nature au 104, à Paris. Son jardin de petits cailloux colorés, son poisson fontaine qui crache pour les invités de prestige, son garage automatisé et ses buis impeccables… Dans le film, les "yeux-hublots" de la maison correspondent aux têtes de M. et Mme Arpel, intrigués par le bruit que M. Hulot fait à l'extérieur. Une excellente trouvaille visuelle…
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Par Margaux,
vendredi 01 mai 2009 à 11:44 : Esprit Val de Loire
Joli mois de mai. J'ouvre la fenêtre : j'entends manifester dans la rue. Je couvre les revendications, aussi légitimes soient-elles, en montant le son sur le dernier Dominique A, La Musique. Marre de revendiquer. Envie de rêver et de laisser les cochons en paix plutôt que de m'attarder sur ces guerres picrocholines (qui signifie bile amère en grec). Et puisqu'il s'agit de Rabelais, je vous invite vivement à profiter d'une «Visite à déguster», la prochaine ayant lieu dimanche, à La Devinière. C'est dans cette maison des champs du XVe siècle, à Seuilly, au cœur du vignoble chinonais, que ce grand humaniste est né. Un musée littéraire lui est consacré. Vous pourrez aussi “voyager à l'intérieur d'un géant” et découvrir les liens étroits qui unissent Rabelais à la médecine. A l’instar de l’auteur qui, dans son Pantagruel s’introduit dans la bouche du géant, cette exposition invite le public à un véritable voyage organique. En franchissant l’entrée des caves troglo, les installations visuelles et sonores évoquent l’aspect médical et humoristique de l’œuvre de Rabelais. Des entrailles au laboratoire secret, entre anatomies et découvertes surprenantes, vous pourrez même tenter de soigner Panurge à l'issue du parcours. Par les temps qui courent, mieux vaut être un mouton qu'un cochon. Gruick, gruick !
Photo : La chambre de Rabelais, à La Devinière.
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