avril 2009 - XNoir

Triathlon dans le vignoble

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Hier, je faisais du vélo avec Sophie dans le Chinonais (dans le vignoble du Véron, plus précisément), en plein vent et sous la pluie. Ce matin, j'étais dans les vignoble de saumur-champigny avec Morgane, en rodéo avec ma Twingo, sous le soleil. Si l'on ajoute à cela l'épreuve de natation prévue demain matin avec Faustine, ça nous donne un triathlon revisité (le rodéo-Twingo aura remplacé la course de fond, pour ceux qui maîtriseraient mal la discipline…) en 48 heures. Le tout en arpentant les vignobles de quatre départements diffférents : Loir-et-Cher (où nous avons débusqué de succulents selles-sur-cher à des prix défiant toute concurrence, près de Saint-Aignan), Indre-et-Loire, Sarthe et Maine-et-Loire. J'ai profité de l'aubaine pour faire mon plein de pineau d'Aunis pour l'été (du rouge et du rosé), à Marçon, dans le vignoble sarthois, et de Pur Raisin, au cellier d'Ackerman. J'ai voulu faire un saut chez Combier, pour acheter du Cassis nouveau à Olivier (qui lui rappelle celui de sa grand-mère), mais c'était malheureusement fermé. Pas grave : j'en trouverai chez mon caviste bien aimé, à Rigny-Ussé. Est-ce le fait d'avoir vu plein de vestiges de moulins à vent, sur le coteau, à Saumur (rue des Moulins, comme de fait) ? Toujours est-il qu'après lui avoir fait découvrir le Fragoli (un pétillant avec de la liqueur de fraise italienne) du bar des Trois-Ecritoires, j'ai servi à Sophie un moulin-à-vent, ce soir, avec ma salade de roquette feta / tomates confites / olives. Ma foi, le bon p'tit moulin à vent de Matthieu nous a donné des ailes.

Photos : Vue sur la Loire depuis le GR3, sur le coteau de Saumur, rive gauche. Sophie, alias Mme Hulot, maugréant sur la pluie et le mauvais temps dans le Véron.

Aka'Aki ou hara kiri ?

Je viens de découvrir un nouveau truc devant ma télé. Ça s'appelle Aka'Aki, ça nous vient de Berlin et ça pourrait révolutionner les liens sociaux chez les jeunes, a dit le journaliste. Je vous résume l'affaire : c'est un réseau social, un peu comme Facebook, mais qui fonctionne sur les téléphones mobiles. Une fois inscrit (c'est gratuit), vous pouvez savoir quelles personnes de votre réseau sont à proximité physique immédiate, communiquer avec elles aussi sec ou en différé. Autant vous dire que je vais mettre tout mon clan sur le coup. Comme ça je saurai si Faustine est à la piscine ou dans le TGV, si Philippe et Martine se rapprochent de Tour-en-Sologne ou d'Epinay-sur-Seine, si Olivier est venu voir un concert à Avoine sans me le dire, si Jérôme fait des photos à Valmer, si Pierre-O est au bureau ou sur son scooter, si Luc délaisse les côtes-du-rhône pour le vignoble du Val de Loire, si Marie est partie danser à Paris, si Patrick démantèle la centrale de Chinon, si Hélène se rapproche des Halles sur son vélo supersonique, si Nadine revisite le Palais de la Découverte, si Matthieu et Christelle font tourner le réseau en bourrique en courant trop vite, si Julien est bien en poste dans le cellier d'Ackerman ou en train de faire du rugby en douce…
Les spécialistes, n'ayons pas peur des mots, parlent de "web-cordon ombilical". Et pourquoi pas un web-doudou pendant qu'on y est, pour les accros du monde virtuel dont je n'ai pas envie d'être ? Moi, ce qui m'intéresse surtout, c'est le système inverse, que je nommerais Hara Kiri. La même chose, mais pour détecter les gens que vous ne voulez surtout pas croiser dans une ville qui se rapproche finalement assez d'un village. Je ne citerai pas de nom, ils ou elles se reconnaîtront. Je vais mettre mon frère informaticien sur le coup. Et je file fissa déposer le brevet !

Photo : Macaque du Japon surpris par Gilles Martin en train de se faire une balnéo, grâce au système Aka'Aki. Il en rougit encore…

Vivre en vitrine

Durant mon périple ferroviaire du week-end, j’ai eu le temps de laisser mon esprit vagabonder. Songeant à ce train-train pas quotidien, j’ai repensé à un papier lu dans Libé, récemment. Figurez-vous qu’il y a un type – un beau brun (ou brin) de footballeur, en l’occurrence –, qui vit dans une boutique de mode, à Milan. Le couturier belge qui a eu cette idée, Dirk Bikkembergs, le paie pour ça. Andrea Vasa, c’est le nom de l’heureux locataire, a, outre une gouvernante qui lui fait ses courses, la bagatelle de 1 300 m2 pour lui tout seul. Enfin… pas tout à fait. Car c’est une boutique, disais-je. A 10 h 30 pétantes, alors qu’il est à peine douché et rasé, le pauvre lapin, les clients sont à même de débouler pour faire leurs emplettes. M’est alors venue à l’esprit une formidable idée marketing, qui va faire grand bruit dans le Saumurois. Et si j’allais vivre dans les caves d’Ackerman avec Apollo ? On aurait bien plus de 1 300 m2, température constante à 12° C toute l’année dans les troglos, pas de frais de crème solaire. Je cultiverais tranquille mes champignons de Paris pendant qu’Apollo chasserait des souris. Je serais de mèche avec Julien, notre responsable du cellier, qui me fournirait en X Noir et en Pur Raisin, à volonté. Comme on perd la notion du temps, sous terre, je n’aurais aucun scrupule à roupiller à toute heure de la journée. Les visiteurs éberlués découvriraient alors la première blogueuse « sur lit », vieillie en cave.

Train-train pas quotidien

Il m’est arrivé un truc étrange à la gare de Valence. J’avais plus d’une heure d’attente pour attraper peinard mon TGV direct pour Tours. A l’heure dite, je me rends au quai ad hoc, le TGV était là, je vérifie sur l’écran : direction Nantes, arrêt Saint-Pierre-des-Corps, parfait, je monte, je m’installe, le train démarre (pile à l’heure) et j’ouvre le dernier Emmanuel Carrère – un chef-d’œuvre, comme d’habitude. Prête à savourer sa prose avec délectation, je tends mon billet distraitement au contrôleur qui m’annonce, limite désagréable, que je ne suis pas dans le bon TGV – encore une qui s’est plantée. Comment ça ? je lui réponds. Vous allez à Paris, qu’il me dit. Je vous passe les détails de son argumentation, qui restera un mystère pour le restant de mes jours, mais j’ai parfois l’impression de vivre dans la quatrième dimension. Je vérifie tous les paramètres (pouls, température de l’air, sens du vent, points cardinaux…), je prends mon temps (pour une fois) et paf, un grand train me fait sortir de mon p’tit train-train de vacancière insouciante (euh, pas vraiment en fait, mais faisons comme si). Qu’à cela ne tienne, je n’ai pas tout perdu : j’ai invité Philippe et Martine à dévorer une andouillette 5A avec un p’tit pichet de vin dans une brasserie sympa recommandée par Faustine, près de la gare de Lyon, avant de sauter dans mon omnibus noctambule, via Orléans et Blois. Dis, quand est-ce qu’on arrive ?

Vautours de magie

Ma semaine dans la Drôme provençale touche déjà à sa fin. On pourrait même dire à sa faim, la composante gastronomique étant toujours essentielle. Les banquets en terrasse, le midi, sous la glycine, ont atteint jusqu’à treize convives affamés. Mais ça nous a plutôt porté bonheur. Le soleil m’a tanné la peau, le qi gong au réveil, quand le soleil passait au-dessus de la montagne pour nous réchauffer, nous a apaisés, et les randonnées nous ont bien dérouillé les mollets. Aujourd’hui, trois heures de marche près de Rémuzat avec les vautours fauves comme compagnons, qui planaient majestueusement juste au-dessus de nous, sur la crête. Par moments, même pas besoin de jumelles pour les observer.
Mercredi, nous nous sommes éduqués en passant une journée à la ferme agro-écologique des Amanins, dont je guettais l’ouverture depuis fort longtemps. Ce centre ouvert l’an passé au public a été initié par Pierre Rabhi et Michel Valentin. On peut y séjourner plusieurs jours pour apprendre l’éco-construction, le maraîchage au naturel, la phytoépuration, la fabrication du pain au levain ou du fromage de brebis… Les premiers pas vers l’autonomie !
A propos de ferme, c’est l’opération « De ferme en ferme » en Touraine, ce week-end : productions maraîchères, vins AOC, œufs, produits laitiers et fromages, 26 exploitations engagées dans une démarche d’agriculture durable vous ouvrent leurs portes. Des démonstrations et des dégustations rythmeront ces deux journées campagnardes. Sur ce, je vais manger mon fromage des Amanins. Bon ap’ !

Photos : Bergère à Valouse. Les gorges de Saint-May, fabuleuses. Un vautour fauve photographié avec brio par Pierre pendant la randonnée.

Le rosé va-t-il voir rouge ?

Une réforme est en cours sur l’étiquetage du vin. Dans ce cadre-là, la Commission européenne entend légaliser une pratique qui fait débat sur le rosé : autoriser les assemblages au grand dam des tenants des méthodes traditionnelles.
L’occasion de rappeler les deux grandes méthodes de production du rosé pratiquées chez Ackerman : les rosés de saignée ou de presse. La pulpe du raisin étant toujours incolore, on doit extraire la couleur de la pellicule noire de la baie de raisin. Dans le cas du rosé de saignée, on laisse le jus extraire la couleur contenue dans la pellicule du raisin pendant un court temps de macération. Quand le vigneron juge que le jus contient suffisamment de pigment pour obtenir une robe rosée, une partie du jus est retirée de la cuve.
Dans le cas d’un rosé de presse, le jus et les pigments de la pellicule sont en contact et c’est alors que le jus incolore se teinte. La pigmentation est moins prononcée pour ce rosé. Quoi qu’il en soit, le soleil étant de retour, le rosé va de nouveau égayer nos tables.

Photo : Le rosé vu par MHAD.

Crapahut dominical

Pour une mise en jambe, c'est une mise en jambe. Premier jour de vacances, première balade matinale (disons… fin de matinale) et on est déjà mûrs pour Fort Boyard. Remballés, les coteaux ligériens. Place à la via ferrata avec Luc (tiens, ça me rappelle la chanson de Clarika) dans les vallées encaissées de l'Ardèche, où nous faisons une étape - comment dire ? - gastro-bucolique. Un torrent tumultueux que l'on traverse à gué, des chaos de rochers que l'on enjambe en s'aidant de cordes ou d'échelles. De jolies prairies pâturées pour respirer… où j'ai tout de même frôlé l'électrocution. La clôture m'a caressé la cuisse, le courant est si bien passé entre nous que je me suis allongée direct dans l'herbe, après un grand frisson dans la colonne vertébrale. Cela étant, au final, ça tenait plus du scarabée agonisant que de la scène érotique. Du 12 volts, c'est pas grand chose, rétorquerait-on chez EDF, mais je n'ai pas (encore) le gabarit d'une vache. A ce train-là, ça pourrait bien être le cas à la fin de la semaine, si on maintient le cap sur des repas aussi succulents. Comme je suis dans ma phase "première fois" (cf. les posts canadiens), hier soir, j'ai osé goûter des bouzigues (des huîtres de l'étang de Thau). Le village éponyme est classé Site remarquable du goût. Bien sûr, Ardèche oblige, il y avait des caillettes et du picodon. On a dû tester au bas mot six (excellents) vins différents, avec des cépages du coin qui changent du pineau d'Aunis et du chenin : mourvèdre, grenache… Rebelote ce midi, mais en terrasse, au bord de la piscine, où le soleil nous a contraints à nous affubler d'improbables couvre-chefs. J'ai même fait péter les bretelles et les lunettes de soleil. Après les bulles apéritives, on a arrosé le divin tajine de Skippy avec un rosé présidentiel, celui de Brégançon. Pour finir, on a bu du cornas (un pur syrah) avec un saint-félicien à point. A propos, il existe un cornas cousin de X Noir, qui s'appelle Pur noir. Jolie bouteille également. Du coup, Faustine roupille pendant que la clique se balade dans les vignes. Les vacances s'annoncent difficiles…

Photos : Cascades et piscines naturelles de la petite via ferrata pour Tourangeaux rouillés, avides de se dérouiller. Le savoureux dessert libanais de Skippy.

Vacances au verre

A peine remise du "jet lag" (passé inaperçu) de mon retour que me revoilà en partance. Je plie les gaules et cette fois je pars en vacances. Ça fait un an que j'attends ça ! J'embarque une demi-douzaine d'amis tourangeaux et leurs marmots (que des valeurs sûres) dans un hameau de la Drôme provençale, où on va tous buller. Si vous n'avez plus de mes nouvelles pendant une semaine, de deux choses l'une : ou je dors affalée sur un transat ou je n'ai pas de connexion Internet, ou les deux. On va randonner, herboriser, bouquiner et boire du vinsobres. Point. Non, peut-être d'autres vins et du Picon Bière, en l'absence probable de bulles ligériennes. Il fait soleil. On a de la charcuterie de chez Hardouin pour le pique-nique. Ça aidera à faire passer les bouchons, qu'on aura du mal à déboucher…

Partout Tati

Ce matin, en guettant mes bagages devant le carrousel de Roissy, je pensais à Tati, qui a dit en 1972 ne s'être jamais ennuyé en attendant dans un aéroport. Moi non plus, mais plus je vieillis, moins j'aime ces lieux de transit impersonnels en diable, où l'on n'a d'yeux que pour les numéros de portes et le sens des escalators, où l'heure n'en fait qu'à sa tête et où les chariots nous font tourner bourricots. Cela étant, quand on fait abstraction de toutes ces contingences et qu'on oublie le risque qu'on a pris à glisser obstinément deux bouteilles de vin canadien en soute (vont-elles exploser sur ma chemise blanche toute neuve ?), il y a matière à faire de belles observations sociétales. Je comprends pourquoi Tati a brouillé les pistes au début de Playtime, où l'on ignore quelques minutes si on se trouve dans un aéroport, une clinique, un salon international… Je suis allée à l'inauguration de l'exposition qui lui est consacrée à La Cinémathèque française, et je me suis régalée. Décors, bruitages, néons…, on est immergé d'emblée dans son univers, que la muséographie réanime à la perfection. J'ai contemplé avec émotion le fauteuil qui soupire dès que M. Hulot se relève, dans Playtime, la poubelle déguisée en colonne antique, le canapé de Mme Arpel, dans Mon Oncle, refait par des designers, les objets mythiques de ses films, rassemblés derrière une vitrine-mausolée avec un Hulot momifié, ou encore la superbe maquette de la villa Arpel, qui a d'ailleurs été reconstituée grandeur nature au Cent Quatre (jusqu'au 3 mai). Quant à l'expo de la Cinémathèque, Deux temps trois mouvements, vous avez le temps justement : c'est jusqu'au 2 août et c'est une pure merveille. C'est les vacances : rejoignez M. Hulot.

Photos : Tati à l'approche de La Cinémathèque française, à Paris. M. Hulot aurait-il adopté le Vélib' ?

Avant l'envol

La jolie route 99 qui mène de Vancouver à Whistler s'appelle la Sea to Sky. De la mer au ciel. Après une dernière nuit dans cette belle ville, au Saint Regis Hotel, je m'apprête à m'envoler vers la Touraine. J'aurais bien pris un hydravion. Il y en a plein ici. C'est même le moyen de transport quotidien de certains cadres dynamiques. Vous m'imaginez arriver à Saint-Hilaire-Saint-Florent dans un hydravion, que je garerais sur les bords de Loire ? La classe.

Ziptrek

En l’absence d’X Noir dans le mini-bar de l’hôtel qui m’héberge à Whistler, j’ai trouvé la parade pour me griser sans bulles. Après une balade sur des ponts de singe dans la canopée d’une forêt de pins de Douglas, je me suis lâchée dans le vide, arnachée et pendue à une tyrolienne. On se laisse glisser sur un câble qui glousse, on ne maîtrise rien et ça fait du bien. Dommage que ça passe si vite. Le Ziptrek (c’est le nom de cet Accrobranche local) de Whistler possède la plus longue tyrolienne du Canada. On survole des torrents et on peut se balader comme ça d’un arbre à un autre durant plus de deux heures et arriver directement au village, l'air dégagé (à part le casque sur la tête et les baudriers qui pendouillent). Un moyen de transport comme un autre, qui donne un petit aperçu de ce que doit être la vie d'un écureuil montagnard.
De retour à Vancouver, cette après-midi, j'ai eu le loisir de constater que la vie d'un écureuil citadin, à Stanley Park, n'était pas de tout repos non plus. Le pauvre malheureux que j'ai observé, alors qu'il s'échinait à ouvrir la coque d'une cacahuète, devait en permanence échapper aux assauts d'une corneille qui voulait lui barboter son butin. Je comprends mieux maintenant qu'un écureuil aussi ait besoin de se griser.

Photos : La vue depuis le sommet de Blackomb, à Whistler. Une évocation des bulles à Granville, presqu'île pittoresque de Vancouver. Dans le quartier gay de Vancouver, sur Davie Street, les poubelles et les arrêts de bus sont roses. Un rose assorti à ce blog, d'ailleurs.

Joyeux Peak 2 Peak !

Le jour de Pâques, normalement, on cherche les oeufs dans le jardin. Il y a des enfants, tout ça, et on est content. A défaut de chercher des oeufs comme les années précédentes, avec mes neveux, dans le beau jardin de belle-maman, je suis montée dans des oeufs. Et pas n'importe lesquels. Les oeufs les plus rapides du monde du Peak 2 Peak Gondola : un truc de ouf. En 12 minutes, 28 oeufs relient les sommets de Whistler et de Blackcomb à 435 mètres de hauteur. Aucun pilône sur plus de 3 km pour une distance de 4,4 km. Dingue. Autant vous dire que quand on regarde en bas, on ne fait pas les marioles. Surtout quand on est dans l'une des deux cabines dont le fond est vitré, histoire de garantir la poussée d'adrénaline. C'est carrément spectaculaire. Joyeuses Pâques, joyeux Peak 2 Peak !

Photos : Le fond vitré d'un oeuf du télécabine le plus spectaculaire du monde ! On aperçoit les conifères enneigés. Pour se requinquer, rien de tel que le feu artificiel de ma chambre d'hôtel, très tendance au Canada. C'est électrique et ça pulse de la chaleur. Kitschissime !

Toute première fois

Il arrive un âge où les premières fois se font rares. Eh bien, samedi soir, j'ai sabré pour la première fois une bouteille de champagne (aucun mérite, c'est simple comme bonjour). Et ce dans un endroit incroyable, Bearfoot Bistro, où souffle un vent de folie. Celle du patron en particulier, André Saint-Jacques, originaire de Québec et passionné de bulles. "J'aime l'effervescence", m'a confié ce quarantenaire volubile. On peut compter jusqu'à 23 000 bouteilles dans sa cave, 2 300 à la carte ! Des Château-Latour, des Mouton-Rothschild, des Margaux… Peu de vins de Loire (je n'ai pas manqué de lui faire remarquer) hormis du sancerre, du pouilly-fumé et du coteaux-du-layon. Pour vous donner une idée de sa folie des grandeurs, il a reconstitué le 31 décembre 1999 le dernier menu du Titanic (qui, d'ailleurs a eu lieu un 14 avril) et offert les bénéfices de ce repas très onéreux à la recherche contre le cancer. Le repas était arrosé de vins français. Il a réussi à dégoter du Moët et Chandon de l'époque, sept magnums de château d'Yquem de 1921…
Mais revenons à mon dîner d'hier, plus humble, mais tout de même spectaculaire. Le dessert aussi était une première pour moi. Ma première expérience de cuisine moléculaire. Une glace à 15 $ appelée "Nitro Ice Cream" car elle est faite devant les convives avec de l'azote liquide. Le chef pâtissier m'a donné la recette, si jamais vous voulez tenter l'expérience : 70 % de crème, de la vanille, 25 % de lait, du glucose, de la gomme de xanthane et du sucre inverti. Méfiez-vous quand même avec l'azote liquide : une mauvaise manip' et vous risquez juste de voir votre doigt se casser en mille morceaux. Ça ferait des grumeaux dans la glace et ce serait dommage, car l'onctuosité de celle-ci est incroyable. C'est une texture inédite, qui fond divinement dans la bouche. Franchement, j'étais sceptique. J'ai été bluffée et je l'ai savourée religieusement.
Pour conclure dans la démesure, André Saint-Jacques nous a servi le fond de sa bouteille Henessy Ellipse (en cristal de Baccarat), un assemblage de cognacs d'exception à 3 500 euros… Je lui ai promis timidement une bouteille d'X Noir, car cette cuvée l'intrigue beaucoup. Il compte bien venir découvrir les caves d'Ackerman lors de sa prochaine visite en France, fin juin. Les molécules ligériennes n'ont qu'à bien se tenir !

Photos : Melissa Craig, originaire de l'île de Vancouver, chef récompensée du Bearfoot Bistro de Whistler. André Saint-Jacques sabrant une bouteille de champagne (il a battu le record mondial en 2005 : 21 bouteilles de Dom Pérignon sabrées en une minute, soit 3 secondes par bouteille). La préparation de la Nitro Ice Cream, avec du nitrogène liquide (azote).

Le sport de Vancouver

C'est l'arroseur arrosé. Hier, j'ai été interviewée et photographiée par une journaliste du Sing Tao Daily (pas le quotidien de la bière, non, mais le journal chinois de Vancouver), qui s'intéresse aux étrangers qui s'intéressent à Vancouver grâce aux prochains JO d'hiver. Si vous avez l'oeil, vous m'apercevrez en photo sur le site (déformée par le grand angle, les bras croisés), en déroulant la page d'accueil. Elle griffonnait en chinois sur son bloc-notes. Plutôt marrant. Le matin, déjà, je m'étais immergée avec bonheur dans le quartier chinois, l'un des plus grands d'Amérique du Nord. Les Occidentaux y sont rares ; le dépaysement est immédiat. Hier soir, au Blue Water Cafe, un restaurant branché de Yaletown, ancien quartier d'entrepôts en brique plein de charme, j'ai mangé les meilleurs sushi rolls de ma vie, préparés par un chef japonais. Un raffinement et une fraîcheur exceptionnels. Là encore, le métissage fait merveille dans l'assiette. Et ils ont 1300 vins à la carte pour accompagner ce qu'ils appellent un "menu versatile". C'est un faux-ami, mais j'aime bien l'expression. Le temps aussi est versatile. Il pleut aujourd'hui. C'est écrit dans le Vancouver Sun, et malheureusement, c'est vrai. Comme quoi les journalistes disent parfois la vérité.

Photos : Trois visions de Vancouver. Le fabuleux Stanley park, ses écureuils, ses ratons laveurs et ses sportifs : l'image cliché de Vancouver. Gastown, le quartier fondateur de cette jeune ville de 151 ans. Chinatown, l'un des nombreux quartiers asiatiques de la Colombie-Britannique.

Vankong

Deuxième jour à Vancouver, BC. Comme le héros d'une chanson du dernier album de Dominique A, Hasta (Que El Cuerpo Aguante), je tangue sur les fuseaux horaires. L'effet du jet lag s'atténuant, je savoure un peu mieux mes retrouvailles avec celle qu'on surnomme aujourd'hui Vankong, mi-Vancouver, mi Hong-Kong, peuplée à 30 % par des Asiatiques. Le cosmopolitisme est palpable partout dans cette ville de 2 millions d'habitants ; chauffeurs de taxis en turbans, restaurants métissés… C'était particulièrement vrai dans le restaurant que je testais ce soir, près de la plage de Kitsilano où je me dorais jadis la pilule. Propriété de Daniel Boulud, cette excellente table propose une cuisine de type bistrot contemporain, préparée avec talent par un chef d'origine alsacienne, Stéphane Istel. Le sommelier nous a fait goûter quatre vins de la vallée de l'Okanagan, dans l'arrière-pays, réputée pour son climat, ses cultures fruitières et maraîchères. Un gamay 2006 de la Kettle Valley Winery, plus ensoleillé que nos gamay ligériens (13 °) et trois excellents vins du domaine de Mission Hill : un chardonnay parfait sur le flétan et ses asperges (moins boisé que ses cousins californiens), un Oculus 2005 (inspiré d'un bordeaux) et un Quatrain 2005, à base de merlot, de syrah, de cabernets franc et sauvignon, vieillis tous deux plus d'un an en fûts de chêne… français. Quand même ! L'honneur est sauf. Non, je plaisante. Bien des vins du Nouveau Monde n'ont pas à rougir (même les blancs !) face aux vins de l'Hexagone. Les brasseries locales proposent aussi d'excellentes bières. Les seules bulles que j'aie dégustées depuis mon arrivée. Ceci dit, ça ne fait jamais que deux jours…

Photos : Le printemps à Vancouver, Downtown. Un nouveau building, le plus haut de la ville (200 m), qui abrite aussi l'un des plus beaux hôtels, le Shangri-La, ouvert en janvier dans la perspective de Jeux Olympiques d'hiver 2010. Son spa japonisant est une pure merveille… Le Templeton, resté quant à lui dans son jus des années 50, idéal pour un breakfast sympa en écoutant les morceaux du juke-box.

Toponymie d'un Vigneron

Je connais un boucher qui s’appelle Lebœuf, un menuisier qui s’appelle Dubois et un dénommé Petitpas, chorégraphe de son état. Mais j’ignorais qu’il y avait un M. Vigneron chez Ackerman. Benoît Vigneron, en l’occurrence, né il y a trente-trois ans dans le vignoble. Statistiquement, 20 % de nos patronymes seraient issus de noms de métiers. Benoît Vigneron affirme qu’il n’y a aucun lien entre son nom prédestiné et sa vocation. Il n’a d’ailleurs pas commencé par le vin, mais par un métier de bouche. Sa soif de découverte l’a d’abord conduit au Chili, dans le désert d’Atacama, puis au sud, en Patagonie, comme chef de cuisine. Il y a retrouvé un œnologue français avec lequel il aimait, après un Pisco Sour, marier les saveurs du Pacifique avec les vins du Nouveau Monde. L’appel du fleuve royal le ramena sur le coteau de Dampierre-sur-Loire, où il a d'abord repris le restaurant Les Pêcheurs. Parmi ses spécialités, la matelote d’anguille au saumur-champigny, qu’il aime toujours préparer. De temps en temps, il ne dédaigne pas un petit silure grillé avec un saumur rouge.
Responsable des plannings de production des vins à fines bulles dans les caves Ackerman-Rémy Pannier depuis trois ans, il planifie désormais les conditionnements des vins en accord avec les œnologues et les cuvistes, coordonne les étapes de transformation : remuage, dégorgement, habillage, jusqu’à la validation des commandes. Le chaînon manquant entre l’équipe commerciale et l’équipe de production des pétillants, en somme. Non content de restaurer une vieille maison dans le vignoble de Saumur-Champigny (près de la ferme d’Aunis !), il a aussi acquis une petite parcelle de vigne au pied du château de Brézé : « Un clos privé de dix rangs dont je tire 800 bouteilles de rosé avec différents cépages du Val de Loire. Je laisse macérer une journée avant de presser, puis je mets en fût directement. C’est l’occasion de vendanger en famille ! » Le X Noir, qui, dixit, « plaît aux femmes », il le conseille « avec des fouées aux garriguettes du Val de Loire ». Une alliance qui fonctionne aussi avec un Royal Rouge, « plus masculin ». Pas de jaloux. Et de citer Rabelais : « Le jus de la vigne clarifie l’esprit et l’entendement ». Dont acte.

Le jour le plus long

J'ai quasiment fait le tour du cadran. Heureusement que l'excitation du voyage tient en éveil pour se recaler. Ici, à Vancouver, c'est encore mardi alors qu'en France on est déjà demain depuis quelques heures ! De mon hublot, j'avais vraiment le sentiment que l'avion courait après le temps, et que le soleil n'en finissait pas de se coucher. En survolant ce grand pays, je me demandais pourquoi l'horizon orangé apparaissait si impeccablement rectiligne, même depuis le ciel, alors que la Terre est ronde… J'ai revu les Rocheuses enneigées, la Chaîne côtière et puis la mer…, le Pacifique, et ce site incroyable dans lequel se blottit Vancouver. Il y a quatorze ans, j'étais arrivée après trois jours de train depuis Montréal. Ce soir, je découvrais la ville de nuit, ses millions de loupiotes dessinant les artères tracées au cordeau. Au fur et à mesure que je reconnaissais des lieux, les souvenirs ont afflué, presque intacts. La ville, les enseignes, me sont encore familières. Pour célébrer nos retrouvailles, j'ai dévoré deux excellents cookies et bu un verre du sherry offert par le Wedgewoodhotel qui m'accueille (soit dit en passant, un autre standing que le Kingston Hotel où j'ai échoué à 23 ans, et qui existe toujours !). C'est bon : on dirait du porto.

Photo : Vancouver by night depuis le balcon de ma chambre.

Pâques, raisins et chocolats

Personnellement, je chercherai les œufs dans la neige, lundi, à Whistler, la station de sports d’hiver de Vancouver, où se dérouleront les prochains Jeux olympiques d’hiver, en février 2010. Je décolle dans deux heures et passe par Montréal (il paraît qu'on plante beaucoup de vignes au Québec, ces temps-ci…). Des œufs en neige, donc. Je vais rater les festivités pascales qui se dérouleront dimanche et lundi dans les belles caves en tuffeau d’Ackerman-Rémy Pannier, à Saint-Hilaire-Saint-Florent. Proposés par la confiserie artisanale Mazet, implantée à Montargis, des ateliers de dégustation mettront en valeur des accords de jus de raisin, de vins et chocolats : des mini-fondues de chocolat seront élaborées dans des verrines devant les visiteurs, et déclinées en différentes saveurs (noir amer, blanc ivoire, noir orange, noir noisette et lait caramel). Ce sera l’occasion de découvrir deux produits originaux hautement recommandables : le Royal Rouge d’Ackerman, une fine bulle de Loire (cépage cabernet franc principalement), marquée par le fruit rouge et une touche de poivre. Joliment structuré, il répond élégamment aux chocolats. Et le tout nouveau jus de raisin pétillant, Pur Raisin, élaboré à partir de pineau d’Aunis, le même cépage que celui de notre bien aimé X Noir. Rappelez-vous, nous vous avions sollicités pour choisir son habillage. J’ai fait goûter ce jus de raisin dans une bouteille encore toute nue, et il a remporté un franc succès, auprès des marmots comme des grands, et a même séduit une femme enceinte privée de bulles pendant neuf mois. Sans sucre ajouté, il est riche en vitamines et en polyphénols, alors…

Dimanche 12 avril et lundi 13 avril, de 10 h 30 à 12 h 30 et de 14 heures à 18 heures. Entrée libre.

Les idées extérieures

"Le vent est le même mais sa réponse est différente sur chaque feuille". Cette jolie citation de Cécilia Meireles, je l'ai découverte dans le péristyle de la mairie de Tours, hier matin, lors de l'inauguration de trois expositions photographiques que je vous recommande. Parmi elles, "10 x 10 Brasil, Les idées extérieures", d'Elodie Gaillard, une jeune photographe bretonne qui travaille avec Gilles Martin, dont les photos illustrent régulièrement mes posts. Elodie a rapporté du Brésil de belles images illustrant la protection de l’environnement : onze panneaux qui témoignent de la beauté de la nature brésilienne (qui concentre à elle seule 20 % de la biodiversité) et de la pression qu’elle subit. J'aime particulièrement sa photo d'ara bleu et jaune, de dos. On a tellement l'habitude de photographier les oiseaux de face ou de profil, que ce décalage m'a interpellée. Il y a aussi une exposition de photos du Festival Pak Pak que la compagnie tourangelle Colbok (théâtre de rue) a organisé fin janvier au Laos, du côté de Luang Prabang. Je garde un souvenir enchanté de cette ville de temples paisible, au bord du Mekong. Un fleuve allangui, un peu comme la Loire, la moiteur en plus. Bon, je dois vous laisser. C'est l'anniversaire de mon frère aîné et il vient de sortir des bulles de Loire, justement. J'en ai bu d'excellentes chez Sophie, hier soir, avec les verrines soignées de Jean-Claude. Je remets ça, les verrines en moins. Ça ne se refuse pas…

Photos : Une structure en cagettes du collectif d'architectes La Girafe. Les trois pin up XXL qui égayaient les allées du Forum du développement durable, samedi, dans les jardins de la préfecture.

Tours a battu Angers !

Si on m'avait dit que je mangerais un cari poulet avec un rougail, du riz et du grain avec le maire de Vauchrétien, un sympathique village vigneron près de Brissac-Quincé, et des vignerons goguenards, j'aurais dit… Je ne sais pas ce que j'aurais dit, d'ailleurs. Mais c'est pourtant ce qu'il s'est passé, grâce au talent d'un de nos hôtes, d'origine réunionnaise. C'était succulent, comme là-bas. Ça m'a propulsée dix ans en arrière. En lieu et place du vin de Cilaos, nous avons bu de l'anjou-villages-brissac et du coteaux-de-l'aubance. J'aime le mélange des genres… J'apprends à l'instant que Tours a battu Angers en Ligue 2. Matthieu, ça s'arrose !

Photo : En faisant un tour dans le syndicat d'initiative de Vauchrétien, une vieille affiche attire mon attention. Ça ne vous rappelle rien ? Je vous laisse juges… A la faveur d'une petite balade digestive, je découvre la beauté printanière du vignoble de l'Aubance, nimbée ce matin d'un épais brouillard. Coucous au bord des routes, aubépines en fleurs et, enfin, mes premières hirondelles dans le ciel.

Contes préfabriqués

J'avais raison pour le Poisson d'avril du 20 heures. Il l'a confirmé, David Pujadas, ce soir. Les éoliennes peuvent donc tourner en paix sans crainte d'être scalpées. Juste après le JT, il y avait une de ces petites séquences sponsorisées par une marque, et censées faire rêver : mon meilleur souvenir de tournage (par des comédiens), mon plus beau souvenir de voyage, l'aménagement de mes combles, la maison de mes rêves (si bien parodiée par Valérie Lemercier)… Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y en a de plus en plus, de ces petits contes télévisés préfabriqués. J'imagine que la loi Evin ne permet pas ce genre de chose, mais à quand "mon plus beau souvenir de dégustation", "mes plus belles vendanges", "ma meilleure bouteille débouchée", "mon pire vin bouchonné", "ma meilleure soirée X Noir" ?

Photo : Les vignes de l'AOC Vouvray, à Noizay, photographiées cette après-midi. C'est sur cette commune que se trouve la plus vaste étendue de vignes de l'appellation. De là, on peut apercevoir le château d'Amboise, de l'autre côté de la Loire. A ce propos, le château vient de rouvrir les souterrains et les tours de la forteresse médiévale, située sous le logis royal Renaissance. Une visite étonnante que je vous recommande.

La 25e heure du 20 heures

Vous vous attendez à un poisson d'avril, hein ? Eh bien, à défaut d'en inventer un, je suis allée en pêcher un. Ce soir, sans le vouloir, en préparant ma salade de roquette (j'en mangeais bien avant qu'Obama ne s'y intéresse ; j'en cultivais même dans notre jardin !), je regardais bêtement le 20 heures (que voulez-vous, on s'occupe comme on peut quand on est célibataire ;) quand mon œil torve fut attiré par un sujet sur l'éolien. Vieux réflexe d'écolo sur la défensive… Genre, qu'est-ce qu'elles ont encore les éoliennes ? Mon oeuf dur dans la main, je défie Pujadas de mon regard le plus mal aimable, assez aiguisé ces temps-ci je dois dire. Alors, David, qu'est-ce qu'elles ont qui te défrisent les éoliennes ? Déjà qu'il a une coupe de Playmobil, le pauvre… Elles ralentissent la rotation de la Terre, qu'il me répond, sans se démonter. Mon oeuf toujours en apesanteur, je manque de le gober, tout oeuf dur qu'il est, quand il ajoute que ces frottements atmosphériques vont bientôt nous contraindre à rallonger nos journées d'une heure. En 1972, poursuit Pujadas (comment sait-il que je suis née cette année-là ?), les journées faisaient 24 heures. Aujourd'hui, elles font 40 minutes de plus. Et de nous montrer un horloger fort marri à l'idée de faire recycler toutes ses montres et ses réveils-matin… Enorme ! Arrive l'ingénieur de service (avec son casque de chantier, pour faire vrai) : seule solution, diminuer la hauteur des mâts, quitte à faire baisser le rendement des éoliennes (forcément, une éolienne au ras du sol, c'est tout de suite moins efficace ; c'est comme les bonsaïs : moins de prise au vent). Et pourquoi pas raccourcir Sarkozy et Pujadas, tant qu'on y est, eux qui sont déjà hauts comme des trolls. Je ne pense pas me tromper en vous disant que c'est une grosse prise que j'ai ferrée, pour une première pêche au poisson d'avril : autant dire un poisson-scie, comme ça, on coupe les éoliennes avec ! Et si j'me trompe, vous me couperez la parole itou.

Photos : Ose-t-on faire des poissons d'avril quand on est fileteuse ? Pas sûr. Celles que j'ai rencontrées à Collioure retiraient en moyenne l’arête centrale de 420 anchois par jour !