XNoir

Le grand chaud

Je ne parle pas de la température. Encore que ça pourrait. Duraille, cette chaleur, pour une rentrée des classes. Moi, je ne me plains pas. J'ai déjeuné en terrasse du Martin bleu. Et c'était bon. Non, je voulais vous parler du Grand chaud de Nantes, prévu ce week-end, dans le cadre des Goûts uniques. En bonne omnivore que je suis, j'y serai. Bon d'accord, j'ai une autre bonne raison d'aller à Nantes. Et je vous raconterai (le Grand chaud, pas le reste, rêvez pas…). Pour vous mettre l'eau à la bouche, voici un avant-goût du programme : producteurs, éleveurs et chefs offriront des dégustations et des démonstrations sur le cours du Champ de Mars. Samedi soir (ou dimanche midi), c'est la Tablée unique, orchestrée par l'architecte du Lieu unique, Patrick Bouchain : avec Marie et Fred, on a décidé de faire partie des 800 convives. On aime l'intimité. Alors on se plie à la règle : on apporte chacun une entrée pour trois dans un balluchon en forme de bonnet d'âne. Pourquoi trois ? On se le demande, ma bonne dame. Ce repas festif sera emmené par dix chefs, autour d'une performance centrale de Michel Troisgros (pourquoi trois ?!!!). Au menu, du poulet de Loué. Pour moi qui suis sarthoise, un sacré dépaysement. Une brigade de 40 découpeurs (des volontaires choisis parmi les mangeurs) s'occupera de la découpe, laquelle se fera directement à table, dans un esprit de partage (et si ça se finissait comme le banquet des Visiteurs ?). J'espère qu'il n'y aura pas de psychopathe parmi les découpeurs. En tout cas, je connais déjà plusieurs des chefs qui vont officier : Olivier Arlot, de Tours, Eric Guérin, de La mare aux oiseaux, en Brière, Pascal Favre d'Anne, du restaurant éponyme, à Angers, Christophe Cosme, du Rendez-vous des pêcheurs, à Blois, Jean-Yves Guého, de L'Atlandide, où je fis un stage comme petite main il y a une dizaine d'années… Il y a plein d'autres trucs de prévus : des Ateliers du goût et des Ateliers du Vin (merci InterLoire), avec, samedi, une "verticale" de muscadet, une dégustation des cépages rares de la Loire et de cinq blancs de Loire à l’aveugle. Attention, pour certaines choses, il faut réserver (02 40 12 14 34). Quant aux Angevins qui trépigneraient déjà de jalousie, sachez qu'une "Tablée unique" aura lieu à Fontevraud le 19 septembre.

Photo : Ceci n'est pas une tatin de mirabelles, ni le drapeau de Velpeau. C'est le soleil. Ben quoi ? La Terre est bien bleue comme une orange. Alors.

Avez-vous le pied ligérien ?

Les événements ligériens se bousculent au portillon pour le week-end à venir. La concurrence est rude ! Pour les marcheurs, je ne saurais que trop rappeler cette manifestation majeure qu’est Vignes, vins & randos : 12 randonnées réparties de la Loire-Atlantique au Loir-et-Cher en passant par l’Anjou, le Saumurois, la Touraine et la Sarthe. Le thème de cette 7e édition, un concert durant chaque balade (avis aux feignasses, ce ne sont pas des randonnées difficiles !) dans différents styles : jazz manouche, swing, country, blues…
Nouveauté cette année, une lecture des panoramas par un amoureux du fleuve sera proposée à Beaulieu-sur-Layon (Maine-et-Loire) et à Vallères (près d’Azay-le-Rideau) dans le cadre des « Rencontres paysages » organisées par la Mission Val de Loire Patrimoine mondial. Pour les habitués, un nouvel itinéraire est proposé sur l’AOC saumur-champigny, au départ de Varrains. Pour ceux qui ont plutôt le pied marin, cap sur le Loiret pour La Caravane de Loire, qui démarre vendredi, jusqu’au 12 septembre. Au programme de cette 5e édition, qui fera étape dans dix villes escales, des spectacles de rue, des démonstrations nautiques par une flottille d’une centaine de bateaux traditionnels. Le temps fort des festivités aura lieu le week-end suivant, à Orléans. C’est au fil de l’eau, mais y aura-t-il du vin à boire ?

Photo (DR) : Croquenots, dégustations avec les vignerons et convivialité. Le triptyque efficace de Vignes, vins & randos, qui se renouvelle chaque année. Rens. : 0811 11 95 40 (prix d’un appel local) ou www.vinsdeloire.fr

Clapiers d'étudiants

La journée avait bien commencé. La voix de Pascale Clark, à 9 heures pétantes, sur France Inter, après des mois de sevrage. Ça compense l'absence douloureuse de Nicolas Demorand. Que voulez-vous, on s'attache. Le premier morceau qu'elle passe est le dernier de Philippe Katerine, un délire salutaire autour d'une banane qui sortira le 27 septembre et que je vous enjoins d'écouter au plus vite ("Non je ne veux plus jamais travailler…"). Hasard amusant, alors qu'on buvait un café place Plumereau au soleil, en fin de matinée, pour faire comme si c'était encore le week-end, Nathie m'a offert Peau de cochon, un long métrage que Katerine a fait en 2003 et dont j'ignorais l'existence. Une série de sketches, apparemment, où apparaît, entre autres, Dominique A. Ça faisait longtemps que je ne vous en avais pas parlé de celui-là !
Et puis ce soir, au JT, notre drôle de monde a repris le dessus. Je découvre qu'on met des étudiants dans des conteneurs (25 m2, ceci dit), au Havre ; qu'une clinique californienne propose des bébés à la carte, avec la couleur des yeux et le sexe qu'on veut. Au secours Aldous Huxley ! Et puis Alain Corneau est mort cette nuit, alors qu'hier soir nous étions au cinéma en train de savourer son dernier film, Crime d'amour, bien ficelé et diabolique, avec une Ludivine Sagnier quasi hitchcockienne. Etrange coïncidence. Puisque c'est ça, je retourne à la mer demain soir, manger mon dernier plateau de fruits de mer de l'été. Avec un bon sauvignon. Et ce à la santé des mineurs toujours coincés dans leur antre.

Photo : "Non je n'irai plus jamais au supermarché", chante Katerine dans La Banane. Heureusement qu'il peut commander du X Noir sur le Net, le pauvre bougre. Ici, les caddies de chez Fortnum & Mason, grand magasin londonien. J'vous jure que ça jure…

Spéléoenologie

Je suis très chagrinée par le sort des 33 mineurs bloqués sous terre, par 700 mètres de profondeur. Amis claustrophobes, passez votre chemin. Il fait quelque 35 °C dans leur refuge de fortune avec une hygrométrie qui ne conviendrait qu'à une bonne cave, et encore. A ce jour, le boyau qui les relie à la surface fait 8 cm. Pas même de quoi passer une bouteille de pétillant pour leur remonter le moral. Hier encore, ils ignoraient que ce calvaire allait durer trois mois avant qu'on les extirpe de cet enfer souterrain. Pour qu'ils tiennent le coup, on leur fait passer des jeux, de la musique, des médicaments. Et des vivres, évidemment. Contrairement aux six hurluberlus de Mars 500 qui ont choisi de tester le confinement, les pauvres bougres n'ont rien demandé à personne !
Et pour finir sur le thème de l'enfermement, je ne sais pas ce qui se passe chez nos amis anglais, mais après les écureuils dans l'assiette, voilà qu'une femme jette sans scrupules un chat dans une poubelle. Ça va pas bien, non ! C'est la caméra de surveillance du propriétaire du matou en question qui l'a filmée en plein forfait. Et ça risque de lui coûter cher. Quant au chat, après 15 heures passées à miauler dans son conteneur, il a plutôt bonne mine… lui.

Photo : Si vous voulez passer du temps à 130 m sous terre en Anjou, il y a La Mine bleue, à Noyant. Une ancienne mine d'ardoise où l'on découvre le travail des mineurs… en toute sécurité. Comme en témoigne cette photo, prise par mon ami Jérôme Galland, je vais bien, j'en suis sortie, ne vous en faites pas.

Basic needs

Rien trouvé chez Fortnum & Mason, mais bonne pioche chez Marks & Spencer. J'ai cherché… et je l'ai débusquée, LA bouteille de chez Ackerman. Un vouvray mis en bouteille à Chacé, oui, madame, dans le plus gros Marks & Spencer de Londres. Dingue !
Cette quête du Graal réalisée, nous avons pu entièrement nous consacrer à l'exploration du East End, un quartier trendy où foisonnent les boutiques vintage, bobos, les marchés de fripes et les hangars envahis par les étals de créateurs branchés. Sur la très animée Brick Lane, nous avons mangé coréen dans une ancienne brasserie en brique - Truman Food Hall brewery -, remplie d'échoppes alimentaires cosmopolites : japonaises, marocaines, indiennes, jamaïcaines, thaï… Un vrai délice pour pas cher. Il faut juste trouver une table pour poser sa barquette. Dans la rue, les Anglais dansent le swing pendant que d'autres font du rock avec des instruments improbables. Aussi improbables que la juxtaposition de ces trois livres, chez un bouquiniste de Hyde Park Lane.